On ne change pas une équipe qui gagne. Quatre ans après « Relax », son premier album, le quatuor parisien qui a le vent en poupe revient donc prêt à franchir l’épreuve du second album. Vu les concerts, je savais que le groupe n’allait pas dévier de sa trajectoire. Trajectoire qui a fait ses preuves. Un dépoussiérage en règle du post-punk de la fin des années 70, de Joy Division/Warsaw au plus punk Crisis.
Il en va donc de même avec ce second opus. Comme je le disais en préambule, on ne change pas une équipe qui gagne. Toujours Bosco au mixe, Baldo pour l’artwork et Born Bad au portefeuille. Pour le reste, on navigue dans le même univers qu’en 2008. Beats droits, chant monocorde, refrains entrainants, guitares assassines, synthé eighties, et basse imperturbable. Post-punk jusqu’au bout des ongles. Urbain et combatif.
« Uncivilzed » est encore une fois un album excellent de bout en bout. Difficile de mettre un titre en avant mais quelques morceaux sortent tout de même du lot. « Dying City » en fera sans aucun doute partie, en bien ou en mal. Avec ses faux airs de D.A.F. dansant, c’est évidemment un tube en puissance, même si c’est la pente savonneuse vers laquelle j’espère ne pas voir le groupe partir. Faux-pas diront certains. Dommage que Born Bad fasse sa promo sur ce morceau. « Dying City » semble jouer le rôle du « So Many Questions » de l’album précédent. Le morceau « dance » pour ceux dont l’agressivité punk semble trop irritante. Ceux là ne devraient-ils pas retourner voir New Order plutôt ?
Heureusement, nos vieux baroudeurs rassurent tout le monde en enchainant avec un « We Miss You » fabuleux dont la guitare rappelle évidemment Crisis. Véritable coup de cœur de ce disque. Encore une fois, Frustation ne surprend pas, il reprend l’enchainement du premier album (le dansant « So Many Questions » enchainé avec le très punk « Brother! »). Frustration reste Frustration. Le groupe, qui maîtrise de mieux en mieux ses outils, est une usine à tubes, reconnaissables entre mille, froids, frontaux, dansants mais dont l’essence reste foncièrement punk.
Encore une fois, Frustration vient bien de nous pondre un excellent album, qui s’écoute en boucle. C’est bon signe.

(LP + EP / Born Bad)

PS : l’édition collector propose un EP en plus sur lequel on retrouve deux morceaux très inspirés Joy…