cellulepoison5Claire s’est sorti des griffes de Zani le proxénète. Elle est revenue de l’enfer. Vivante. En apparence… Car à l’intérieur, elle est détruite. Elle revit sans cesse les viols répétés de son geôlier. Comment oublier la torture et la douleur qu’il lui a infligées alors que sa petite Nada est là, à ses côtés, pour constamment lui rappeler ? Alors Claire a replongé dans la drogue. Mais elle sait que cela ne peut pas –ne doit pas- durer. Pour tirer un trait définitif sur ce passé qui la hante et pouvoir ouvrir un nouveau chapitre de sa vie, il va lui falloir se venger et tuer Zani, le père de sa fille !

La vie d’auteur de bande dessinée n’est pas un long fleuve tranquille. A en juger par le message de « remerciement » laissé par Astier en regard du début de ce tome 5 (« Merci à ceux qui n’ont pas lâché, merde aux autres »), on devine que la pause de 3 ans imposée à la série et à l’auteur, pour la bonne cause (Astier avait été choisi pour mettre en dessin le récit autobiographique médiatico-financier « L’Affaire des affaires » de Denis Robert), n’a pas été si facile à gérer. En tout cas, « Comptines » est bien là et vient clore en beauté « Cellule Poison », l’un des très bons polars de ces dernières années.

Malgré cette parenthèse, Astier a réussi à garder une grande cohérence graphique et narrative du début à la fin de la série. Et l’on retrouve ainsi dans cet épisode final tout ce qui nous avait enthousiasmé dans les précédents tomes : ces constants va-et-vient entre passé et présent qui donnent beaucoup de rythme au récit tout en apportant à l’intrigue toute la tension et le suspense dont elle a besoin, ce dessin réaliste et dynamique (qui a également gagné en justesse technique depuis le début) tout à fait adapté, le choix osé mais judicieux d’utiliser une bichromie de couleurs vives (en aplats) différente pour chaque scène et ce scénario dur et fort dont la vengeance et les blessures du passé sont les thématiques centrales. Du grand art, noir, très noir !

(Série en 5 tomes – Dargaud)