blue_estate_4Don Luciano et Vadim Razov avaient pourtant tout fait pour que la Cosa Nostra et la mafia russe puissent vivre côte à côte en bonne intelligence en Californie. Il y allait de leurs affaires, après tout. C’était sans compter Tony, le fils du parrain, et son incroyable crétinerie ! A force de vouloir démontrer à son père qu’il était digne de lui succéder, il n’a cessé de commettre erreur après erreur, jusqu’à la dernière bourde, fatale celle-là puisqu’il a maquillé l’ordre d’exécution qu’il devait remettre de la part de son père à Clarence, pour envoyer le tueur à gages faire disparaître l’acteur Bruce Maddox sans savoir que ce dernier travaillait en fait pour Razov pour qui il blanchissait son argent sale. Et ça, l’ancien responsable du KGB n’a pas vraiment aimé…

Jusque là, « Blue Estate » passait pour un sympathique polar revisitant agréablement les codes hard boiled mais avec ce tome 4 en forme de feux d’artifices, il passe clairement la vitesse supérieure ! Un dernier épisode délirant au possible qui met en scène la confrontation devenue inévitable entre mafieux russes de la Matriochka et ritals du Don avec une verve et une énergie réjouissantes ! Un règlement de comptes façon ok corral avec lance roquettes et Kalachnikovs qui voit les 2 camps s’affronter dans le jardin de la nouvelle propriété de Tony Luciano avec, au beau milieu, la maison dans laquelle se trouvent les kidnappés –Tony et Rachel Maddox-, les russes chargés de les surveiller, Roy Devine Junior passé fourrer son nez par là et Clarence venu liquider les russes sur ordre du Don mais qui se rend compte de la présence de la belle Rachel au dernier moment.

Un joyeux bazar violent et totalement débridé qui vire même par moments au burlesque, notamment quand les plafonds, rongés par les termites, s’effondrent pendant les combats au corps à corps… Jouissif ! On en oublierait presque la grande hétérogénéité des dessins (dont on a déjà eu l’occasion de parler dans les chroniques des précédents tomes – les différentes scènes sont prises en charge par autant de dessinateurs- on n’y revient donc pas) ! Du très bon polar, un brin moqueur, à la sauce comics qui dépeint un Hollywood bien différent de celui que l’on nous montre habituellement ! A servir bien frappé !

(Série en 4 tomes –Ankama)