seulamicommun3Le tome 2 se terminait sur une vision vraiment sinistre : celle de Boris, inconscient, étendu sur un canapé, en train de dériver vers l’autre côté du fleuve sous l’effet du cocktail pilules/whisky qu’il venait de s’administrer. Pas étonnant alors de retrouver le jeune homme à tête de chien à l’hôpital psychiatrique au début de « Celui du cochon ». Emergeant à peine de son coma, des douleurs énormes à l’estomac. Et sous surveillance bien sûr. Histoire d’éviter qu’il ne refasse une autre tentative de suicide. Un Boris qui va devoir réapprendre à vivre, avec ses fantômes, aidé par le psychologue, ses copains, l’art et…l’alcool !

La vie peut être une belle saloperie, on le sait, et ce récit autobiographique n’a de cesse de nous le rappeler, sur un mode déstabilisant, tout au long de ses 3 tomes désenchantés au possible. Car derrière le dessin léger et naïf qui adoucit judicieusement le propos pour éviter que l’on ne tombe dans le pathos pur et simple, il y a la maladie qui rôde et la mort qui vous tombe dessus sans crier gare. Derrière ces personnages rigolos, avec leurs têtes d’animaux (de chien, d’ours, d’oiseau, de cochon…) et ces couleurs vives, il y a le mal être et la difficulté de vivre aussi –d’aller à la rencontre des gens, de sourire, de participer au jeu social en faisant comme si de rien n’était.

Un drôle de mélange, improbable et très personnel, qui fait tout le charme de ce « Notre seul ami commun », triptyque sombre, poignant par moments. A lire en écoutant le Joy Division (« 1977-1980 ») que Boris demande à son père de lui acheter.

 (Récit en 3 tomes – CFSL Ink)