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thee oh sees (au-dessus) et the intelligence (en-dessous), Villette Sonique, Trabendo, Paris,
26 mai 2013.
Presque un mois que le Trabendo est complet. Il faut dire que l’affiche de ce soir a de quoi attirer les foules. Le buzz autour de Thee Oh Sees semble ne plus vouloir s’arrêter. Le groupe est de plus en plus populaire chaque année. Quand à The Intelligence, que dire si ce n’est que le groupe de Lars Finberg aurait a lui seul mérité le déplacement.

En attendant, ce sont trois chevelus de Seattle qui ouvrent la soirée. Tendance sixties psyché. Sans aucun doute élevés aux sons des compilations Nuggets vu leur âge, le trio Night Beats pille allègrement leurs aïeux, 13th Floor Elevators en tête, pour nous livrer un voyage dans le temps sympathique mais mitigé. L’esprit est bon, mais le son tourne horriblement, la basse dégueule de partout, et la mise en place est parfois approximative. Reste quelques bonnes ondes sixties pour se mettre en jambe.

Après, il faut l’avouer, ceux qui me branchent ce soir, ceux dont les disques tournent régulièrement sur ma platine, plus encore que Thee Oh Sees, ce sont bien The Intelligence. Je parle d’eux, mais autant être clair, The Intelligence c’est avant tout Lars Finberg. Le groupe connait d’ailleurs plusieurs formations selon si Lars vit à L.A. ou Seattle. Ce soir, pas de clavier, et des membres qui me semblent nouveaux pour cette tournée. La salle est remplie. Les principaux tubes des derniers albums (« Everybody’s Got It Easy But Me » et « Males ») vont y passer. L’ambiance chauffe, ça commence à pousser derrière, mais le concert reste assez convenu. Lars Finberg nous la joue Versaillais, petite chemise et chaussures bateau. Tout en retenu. Classe il va sans dire. Les tubes sont irrésistibles mais l’ensemble reste très scolaire, manquant peut-être un peu de folie à mon gout. Folie qui n’arrivera que sur le morceau final, avec un Lars qui s’en va jouer les équilibristes sur la batterie, faisant tourner sa guitare autour de lui, arrachant les micros par la même occasion… le tout avec toujours autant de classe, évidemment.

Lars Finberg nous la joue Versaillais, petite chemise et chaussures bateau.

Mais si le public réagit positivement au set de The Intelligence, c’est Thee Oh Sees que la grande majorité est venue voir. Et il faut avouer que le groupe est impressionnant sur scène. Ce soir n’en sera qu’une nouvelle confirmation. John Dwyer a changer de guitare. Comme pour annoncer qu’on ne va pas plaisanter, il s’est armé d’une Electrical Guitar Compagny, ces guitares en aluminium dont les groupes noise raffolent (Melvins, Uzeda, Isis). Et ça lui va à ravir. Le son de guitare est énorme.

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the intelligence
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Dès le soundcheck le public répond présent, chauffé à blanc. Autant dire qu’à la première note, le Trabendo est sans dessus-dessous ! Toute la fosse danse, saute, slamme, la folie que tout le monde attendait est évidemment au rendez-vous. Le groupe n’a quasi rien à faire. Seulement à appuyer sur le bouton, ce qu’ils font à merveille. Le set sera d’ailleurs particulièrement électrique, basse-batterie monolithique, comme à leur habitude, et guitare plus noisy psyché. Le groupe laisse les morceaux plus apaisés pour la maison. Ce soir, leur psyché restera haut dans les tours, et le public ne redescendra plus. On aurait pu en douter avec l’incident technique arrivé à Petey Dammit (et son habituel look de skinhead) mais non. Malgré les 10 minutes mises à comprendre qu’il s’agissait d’une panne de sa guitare (basse) et non de son ampli, et l’interminable impro de batterie pour meubler, l’ambiance n’est jamais retombée. Et le groupe a encore une fois imposer son style.
A la longue certains pourraient commencer à être rassasiés, mais en attendant, il faut avouer que le concert était incroyable.
photos [cg]
Merci à Villette Sonique