mogwaiLe nouveau Mogwaï est une commande ! Surprenant ? Oui et non car ce serait oublier que les écossais s’étaient déjà chargés de la bande son du documentaire « Zidane, A 21st Century Portrait » il y a quelques années de cela, en 2006. Cette fois, c’est le réalisateur Fabrice Gobert, fan du groupe (et qui a, soit dit en passant, de très bons goûts musicaux puisqu’il avait chargé Sonic Youth de la B.O. de son précédent film « Simon Werner a disparu ») qui a fait appel à ses services pour illustrer musicalement sa série diffusée sur Canal plus il y a quelques mois.

Si le groupe a eu carte blanche et ne s’est donc vu imposer aucune contrainte, il lui a pourtant bien fallu s’adapter au format et à l’histoire particulière de la série : des morts qui reviennent, au même moment, hanter les vivants dans une petite ville de montagne car ils ont des choses à leur reprocher. Exit, du coup, les couches de guitares et la saturation dont la bande à Stuart Braithwaite raffole habituellement. Pour souligner la tension et le côté inquiétant de l’intrigue, Mogwaï a en effet décidé de jouer la carte de la sobriété. Et c’est donc au piano, souvent mélancolique, que revient ici la tâche d’emmener les morceaux, soutenu par quelques arpèges de guitare délicats et tristes ici, des synthés menaçants là, un violoncelle grinçant et dépressif ailleurs. Un Mogwaï clairement plus calme, d’accord, mais qui garde sa capacité à toucher et à donner des frissons. Et pour avoir vu la série, je peux vous dire qu’ « en contexte », le travail des écossais fonctionne à merveille. Ces 14 morceaux forment un tableau homogène, compact (à noter tout de même une bizarrerie : la reprise country d’un morceau du groupe Pelt, « What Are They Doing In Heaven Today ? », dont on se demande ce qu’il vient faire ici) et beau, dont ressortent tout de même les superbes « Hungry Face » (et son intro vraiment entêtante), « Kill Jester » et « Wizard Motor ». Un album qui donne l’opportunité de découvrir une facette moins connue de Mogwaï et qui met clairement en valeur la qualité de composition du quatuor, que l’on a tendance à oublier avec ses morceaux plus bruitistes !

(Bande originale – Rock Action)