billybrouillardVous vous souvenez de Billy Brouillard, ce petit garçon qui a le don de trouble vue : il lui suffit de retirer ses lunettes pour voir le merveilleux (sorcières, nymphes ou monstres) à côté duquel les autres passent, ignorants. Et bien ces comptines sont ses lectures de chevet, le soir, à la lueur de la bougie, en cachette, quand les adultes dorment. Des récits que l’on lit pour se faire peur, qui parlent de petits garçons méchants et trop sûrs d’eux, qui prennent un malin plaisir à faire souffrir les animaux mais finissent par être punis par le Seigneur des eaux célestes, de petites filles qui veillent jour et nuit leur chat devenu vieux pour empêcher la Faucheuse de vie de l’emporter ou des angoisses qui saisissent, la nuit venue, les enfants qui imaginent le Monsieur du sac venir les enlever à leurs parents pour aller les manger quelque part dans son repère…

On avait bien compris avec « Billy Brouillard » que les gaufriers de 6 cases avec phylactères, ce n’était pas vraiment le truc de Guillaume Bianco. Et bien il enfonce une nouvelle fois le clou en livrant 4 nouvelles « comptines » (il y en a 13 en tout). Des contes noirs mêlant univers Burtonien et gothique, que Bianco illustre de son trait fin dans une mise en page très libre, proposés dans un magnifique coffret comprenant 3 livres.

Un très bel objet (beau papier, édition soignée) qui s’adresse surtout aux fans de la série principale puisqu’il explore de nouveau l’inventivité, l’imaginaire et la capacité à rêver de son héros éponyme, Billy, sur un mode un peu différent. Mais les lecteurs qui ont su garder une part d’enfant tout au fond d’eux apprécieront aussi ces histoires tour à tour curieuses, cruelles ou effrayantes et toujours étonnantes !

(Recueil de comptines – Métamorphose/Soleil)