OOGASNon ce n’est pas un groupe de reprises des Ramones mais bien un groupe de garage de plus avec un nom ridicule. Mais une des formations melburian des plus excitantes, comme quoi ! On y retrouve le gratteux de Eddy Current Suppression Ring/ Total Control, Leon Stackpole, (au chant, guitare et clavier) et l’ingé son, Mickey Young, qui a enregistré 90% des groupes du coin (de Uv Race à Royal Headache en passant par un peu tout ce qui sort sur Aarght! Records) au même poste et les autres aussi alignent de copieux cv, faciles à trouver. En 2008, leur premier album «Romance And Adventure» reçoit un accueil visiblement confidentiel mais chaleureux qui leur confère le statut de coqueluches… à Melbourne. Autant la cuvée 2013 est riche et variée autant ce premier opus est juste garage avec son son pourri et ses burinages en règle… On sent déjà la bougeotte du groupe mais nan, pas encore mûrs. Arrive ensuite, une première version de cet album Ooga Boogas, puis hésitations, galères diverses, travail, doutes quant à sa sortie, en attendant ils sortent un 45t, l’excellent «Stranger sentimental», font une tournée, et enregistrent une seconde version de l’album 5 ans plus tard. Un disque avec un joli fil rouge tout du long : une ivresse pop postpunk new wavisante de crooner de routiers versatile. Un euphémisme car on frôle l’auberge espagnole. Mais ça passe parce que les humeurs switchent, mais reste intacte la rienabranlitude feinte du groupe : «Circle of Truth» au riff de basse imparable, au son délicieusement douteux, a l’allure d’un bon 999, «Archie & me» et son orgue à la mode farfisa pour une humeur soul un peu bêbête qui colle parfaitement, Les statiques et Reediens «Mind Reader» et « FYI» (et son riff de clavier pioché directement de la demo de son Casio), «Oogie Boogie II» ou Ooga Booga fait du glam et j’en passe… Sur la face B, c’est un autre jeu qui se trame : «Sex in the chillzone» ou 8mn10 exquises de groove funky gluant comme un mur de backroom avec dans le chant un quelque chose d’un Scott McCloud, en descente d’hélium (a kind of relax). «Studio of mine» me fait penser à The Faints en pleine crise d’angoisse et ça finit par «Ecstasy », une balade punk plouc. Voilà pour les tubes, soit 90% du disque. Et toujours ces voix éclairées, pleine d’approximation et d’humilité. Pas le genre à avoir besoin de vous hurler dessus pour avoir besoin de faire passer le message (tant est qu’il y en ait un). C’est limite si sur certains morceaux il n’y a pas que le stricte minimum qui bouge. Bref, tous les morceaux enregistrés n’ont pas été mis dans l’album alors envoyez l’avalanche de  7 pouces, je suis prêt !

(Album / Aarght rds)