Marvin-BarrySeulement trois albums en sept ans mais, à chaque fois, une nouvelle redéfinition de la dance-music. C’est ce qui sidère sur ce troisième album de Marvin : l’impression d’entendre la musique la plus funky, la plus simple, la plus live qui soit alors qu’elle est passé par le laboratoire inouï – et le cerveau en éruption – des trois français… Oupps ! Pardon, je suis en train de reprendre mot à mot ce qu’écrivaient les Inrocks pour le dernier album de Daft Punk !
Il faut avouer que cette vision dithyrambique convient pas mal au nouvel effort des montpellierains (en dehors du fait d’être ultra-pompeuse et d’utiliser le terme funky).
Il faut dire que ce « Barry » impressionne d’entrer. Jamais le groupe n’aura autant sonné. Equilibre réussi entre un son produit et une énergie organique. Vincent Robert (Electric Electric) a fait du beau boulot. Car cette production va à ravir aux nouveaux tubes de Marvin. Dès le premier morceau, « Tempo Fighting », on sait que nous allons manger, et violemment. Ça commence avec un riff heavy des familles, pour lancer la machine en mode vocoder. Trans AM est toujours dans la place. Puis les claviers, très présents sur ce disque, vont flirter avec Carpenter. Et tout va s’enchainer sans temps mort. Passant de morceaux plus rock (l’excellent « As noisy as Possible ») à d’autres, plus posés (« Automan ») ou plus noisy (dark sheep). Mais quelque soit le tempo, toujours pensé pour être dansable, le groupe arrive à nous balancer un lot incroyable de bonnes idées. Chaque membre semble avoir upgradé sa créativité depuis « Hangover the Top ». Guitare de folie, batterie de plus en plus recherchée, et des claviers plus présents qui s’ouvrent à de nouveaux champs d’action. L’histoire s’étoffe. Marvin reprend les meilleurs ingrédients des deux premiers albums mais les pousse bien plus loin. Bien sûr, le groupe joue toujours avec le mauvais gout des années 70, et malgré la mode actuelle, il y a toujours des sons de clavier (le plus limite « Barry ») et quelques descentes prog qui me filent des boutons, comme quelques accroches bien putassières, mais les amateurs de Marvin ont l’habitude. Et nous aurions du mal à nous en passer.
En attendant, jamais le groupe n’aura été aussi à l’aise, aussi bien dans ses bottes, aussi impressionnant. Une machine à danser qui ne renie pas sa culture noise-rock, une machine à mettre des claques à Trans AM (en citant Les Thugs, les Who, Ennio Morricone, ou Jefferson Airplaine) le tout avec humour, et générosité. Bravo.