kinskiJ’ai l’impression que l’on a bien failli ne jamais réentendre Kinski! Car après 9 ans d’existence et un bon dernier album, « Down Below, it’s Chaos », le groupe a mis du temps à retrouver le chemin des studios… 5 ans exactement. Usure ? Peur de se répéter ? Panne d’inspiration ? Kinski a en tout cas finalement surmonté ce qui était peut-être une crise existentielle pour revenir avec ce « Cosy Moments » qui poursuit la mutation engagée avec son prédécesseur qui avait vu le chant apparaître sur 3 morceaux, quasiment une révolution pour ces adeptes de rock instrumental !

Sur « Cosy Moments », les voix (surtout masculines, plutôt inspirées d’ailleurs) sont cette fois présentes sur une majorité de morceaux (6 sur les 10). Et ce n’est pas tout car les 4 américains continuent d’ouvrir ici un peu plus leur musique. Si l’on retrouve bien sûr leur goût prononcé pour un rock-noisy-psyché faisant la part belle à des nappes de guitares saturées sur « Long Term Exit Strategy » ou « Throw It Up » (les 2 seuls morceaux à désormais dépasser les 6 minutes alors qu’avant c’était quasiment la norme chez eux), Kinski assume dorénavant ses penchants plus pop, au travers, par exemple, de mélodies bien troussées (comme sur le très mélancolique « A Little Ticker Tape Never Hurt Anybody », lorgnant sur le post-rock) ou de chœurs (féminins sur le titre qui ouvre l’album), ce qui les rapproche encore un peu plus d’un Sonic Youth. Et comme sur « Down Below, It’s Chaos », le groupe varie davantage les plaisirs en livrant quelques titres plus courts et directs du meilleur effet, comme « Last Day On Earth », « Skim Rilf » et « Counterpointer », imparables brûlots garage-punk. Leur musique y gagne clairement en subtilité et en variété. Et finalement « Cosy Moments » est la preuve que Kinski avait encore beaucoup de belles choses à donner, un peu différemment, c’est tout. Un groupe qui vieillit très bien.

(Album – Kill Rock Stars)