REDHARE_dis180Y a pas à chier, un nouveau groupe, bien vivant, formé de vieux briscards, même avec des vieux plans de grattes datant de Mathusalem mis de côté pour l’occasion, c’est quand même mieux qu’une énieme réédition pour nous rappeler le doux son du hardcore dischordien late 80’s/early 90’s. Écoutez ça bande de jeunes ! Et là, Red Hare (et Dischord par la même) nous régale. Ces ex-Swiz/Bluetip/Garden Variety/Dag Nasty ont le mérite de faire revivre un style de hardcore ouvert, varié, sensible qui me manquait cruellement. Rien de neuf, donc. Et tant mieux. Le disque s’ouvre sur « Horace » qui, je pense, met tout le monde au diapason et te replace pile poil au même endroit où on avait laissé ces messieurs quelques décennies auparavant. Les deux faces de ce magnifique et furtif disque de plastoc rouge translucide se déroule sur ce mode avec des pointes de Bluetip par-ci, des ambiances à la Dag Nasty par là, des crin-crin de guitare à la triple croche (« Dialed In ») dans les coins et cette putain de voix qui est juste la meilleure que Dag Nasty ait jamais eu. J’irai même jusqu’à dire que Nites of Midnight (le morceau) rampe comme un lezard sur un jesus mais c’est à prendre ou à laisser. Néanmoins, ces individualités trop bavardes me font parfois le même effet qu’un musicien qui fait une grimace après un pain durant un concert : ça me sors du truc et du groupe en l’occurrence, pour n’entendre le temps d’un instant que le « all stars band ». Et ça sera la seule critique négative (avec également les quelques flirts avec le metal comme sur « Fuck your Career » par exemple) que je ferais à ce groupe/disque, que l’on n’attendait plus de la part d’un Dischord qui commence à ressembler à une EHPAD Hardcore. Un vrai retour vers le futur et, je l’espère de tout mon cœur, une porte ouverte à toutes les fenêtres.

(Album – Dischord / Hellfire)