tim-underagoldensunNeuf ans après, voici donc la suite de The Room, le précédent album des très discrets Tim. Neuf ans, c’est long, très long. Le groupe a pris son temps donc, mais le résultat semble lui donner raison, tant ce nouvel album surpasse toutes ses précédentes productions. Tim a toujours été un élève appliqué, il l’est à nouveau sur ces sept titres, mais il n’a jamais été aussi inspiré. Comme nous pouvions nous en douter, ce disque aurait pu sortir il y a dix ans,  quinze ans même, tant je l’aurais bien vu sur un label comme Prohibited records. Tim y mélange à merveille rock noisy et jazz, comme c’était la mode à l’époque. Ça commence à la trompette, tendance « Ascenseur pour l’échafaud »… puis les références des 90s remontent : on jurerait avoir dégotter un inédit de Prohibition avant que le chant ne rentre : Girls Against Boys et New Wet Kojak font alors leur apparition. La tension monte. Bastärd ne manquera pas de se joindre à la fête (l’intro de « i’m late »). Les références sont là, indélébiles, mais qui s’en souvient ? Qui s’en plaindra ? Car Tim maîtrise son sujet. Il a grandit à l’époque. Il parle la langue et y développe sa personnalité. En vieillissant Tim y met étrangement plus de nerfs, les angles sont plus droits, les coups plus nets. Tant mieux car c’est ce qui leur manquait à l’époque. Et comme pour enfoncer le clou des 90s, le groupe invite Sasha Andres d’Heliogabale sur Jo Surrender, titre fleuve et particulièrement sombre. Elle y titillera même Eugène d’Oxbow (dans sa façon de chanter) avant de nous raconter son histoire plus laconiquement… Un titre touchant, mais définitivement trop long. Une chose est certaine, cet album, très réussi bien que non parfait, est un album riche. Il aurait sans aucun doute reçu un certain succès à la fin des 90s… Espérons donc qu’il trouvera son public aujourd’hui, tant ces gars là ont encore de choses à raconter.

(Album – Les Disques du Hangar 221)