JELLO BIAFRA AND THE GUANTANAMO SCHOOL OF MEDECINE + THE DECLINE
13/08/2013, Paris, Glazart

Très franchement, je me suis demandé quelle serait l’affluence d’un tel concert vu le lieu (Glazart), la date (mi-août) et le prix (26 euros TTC à l’entrée). En même temps, la présence de l’ex-chanteur des Dead Kennedys et la date unique pouvait devenir un petit évènement. Résultat des courses : le Glazart est presque rempli, avec pas mal de punks dehors à profiter des derniers instants de soleil. Ce n’est pas l’émeute mais le pari est gagné.

Les français de The Decline! peuvent débuter les hostilités. Punk rock assez classique avec une petite touche irlandaise. C’est hyper carré, ça déroule sans faux pas. Le chanteur à une bonne voix rauque qui ajoute un plus aux compos. Malheureusement, c’est un peu trop balisé pour moi. Avec le son ultra compressé du Glazart (une habitude) ça manque définitivement de secousses pour me captiver. Peu importe, le groupe a son public et maîtrise merveilleusement son sujet, c’est le principal.




Kimo (en haut) et Jello (ci-dessus) des Guantanamo School of Medecine
photos : DJIL

Avouons-le, tout le monde est là pour voir le mythe. Ceux qui ont la chance de l’avoir vu à l’époque, avec les Dead Kennedys, ou les plus jeunes qui veulent rattraper leur retard. Tout le monde veut savoir si le maître tient encore la distance avec ses 54 balais. Il y a sans doute aussi les quelques fans des Guantanamo School of Medecine, dont le dernier album est plutôt sympathique, il faut l’admettre. Et pourtant sur scène, la comparaison avec les DK va être définitive. Car le groupe va lâcher, tout au long de son set, quelques tubes imparables des Dead Kennedys. Alors, certes, le punk rock éclectique des GSM est agréable, et la présence du vieux Jello suffit à nous faire passer un bon moment, mais c’est bien l’arrivée de « California Über Alles » qui mettra le feu au plancher. Le titre est repris à la lettre, parfaitement. Le son n’y est pas (toujours cette compression excessive de la salle incompatible avec le claquant des DK) mais l’énergie remplace, et le chant, lui, est resté le même. A 54 ans, le maître de cérémonie reste un showman invétéré. Même voix, mêmes mimiques, et une énergie presque intacte, n’hésitant pas à se jeter dans le public. Le pogo bon enfant s’élargit. La température monte d’un cran (non de dieu ce qu’il a fait chaud devant). Quelques discours politiques plus loin, Jello Biafra s’attaquera au fascisme, au racisme, au National Front… « Nazi Punk Fuck Off » déboule. Imparable. Entre les reprises des DK, les titres du dernier album des GSM maintiennent la pression. Mais dès qu’un nouveau titre de l’époque débarque, on sent qu’il survole l’ensemble de quelques mètres, faisant ressortir l’aspect plus plan-plan des compos du groupe actuel. Comment rivaliser ? « Kill the poor » puis un peu plus tard (au premier rappel) l’ultime « Holiday in Cambodia » sont joués. La voix de Jello fait le reste. Un putain de bon moment.
Reste les messages politiques que le boss d’Alternative Tentacles propage entre chaque morceau et dont j’approuve entièrement le contenu. Mais comment dénoncer le capitalisme et hurler « eat the rich » quand la place d’entrée est à 26 euros ? Je ne remets pas en cause la sincérité du bonhomme (il l’a suffisamment prouver et le conflit qui l’oppose à son ancien groupe suffit à le confirmer) mais n’y a-t-il pas une légère incohérence ?
En attendant de trouver la réponse, je pense que la grande majorité du public venu ce soir-là en a pris plein la figure, et est reparti content, ce qui est déjà beaucoup.