ameperdueIl fait nuit. Un petit être mi-humain mi-singe sort de son sommeil. Il se réveille dans un monde froid et triste où la pluie à verse menace de tout inonder. Réfugié sur un pic rocheux, il ne sait que faire. Perdu dans ces paysages lunaires hostiles qu’il découvre, il n’a pourtant d’autre solution que de s’y aventurer malgré les bêtes féroces qui les peuplent car il a faim ! Mais peut-être en chemin découvrira-t-il qui il est vraiment et ce qu’il fait ici…

Un récit de presque 250 pages muet sur les 2 premiers tiers (si l’on exclut quelques onomatopées…), de petits dessins (l’auteur privilégie souvent un gaufrier de 8 cases et le livre est d’un format moyen) souvent répétitifs (le petit être est presque de tous les plans), un héros laid et chétif qui passe son temps à fuir (la montée des eaux, les prédateurs potentiels…) : on ne peut pas dire que Grégory Panaccione ait choisi la facilité pour nous faire entrer dans son « Ame perdue ». Et pourtant, magie de la bande dessinée, son récit fonctionne ! Et même mieux, il nous tient en haleine jusqu’au bout, avec une conclusion aussi étonnante qu’habile qui change complètement notre perception du récit en nous obligeant à le voir d’un œil nouveau. On se rend alors compte que l’on s’est fait avoir par ce dessin vif et spontané (l’auteur dessine directement sans passer par des crayonnés préparatoires) impressionnant dans son rendu des mouvements et des expressions et cette narration mystérieuse et manipulatrice qui nous plonge en fait dans l’inconscient et l’imaginaire enfantin. Pas étonnant que le directeur de la collection Shampooing, Lewis Trondheim, soit tombé sous le charme d’ »Ame perdue » !

(Récit complet – Shampooing)