noage_anobjectA première vue, rien ne semble avoir changé chez les No Age. On retrouve en effet les ingrédients et les ambiances que le duo affectionne, ce mélange d’indie-rock noisy, de morceaux ambient nonchalants et de titres punk-rock plus enlevés. Et bien sûr ce goût pour le bidouillage du son et des guitares que Randy Randall aime faire se croiser, s’entremêler en plusieurs couches (et avec pas mal de disto !) pour qu’elles dialoguent. Il y a pourtant une grande nouveauté sur « An Object » : Dean Spunt, l’autre tête pensante de No Age, quitte ses fûts pour se mettre à la basse sur plusieurs morceaux. Preuve que le groupe entend toujours avancer et expérimenter… ou qu’il a peur de tourner en rond. Car c’est vrai que ce nouvel album a du mal à se démarquer de ses prédécesseurs. Mais aussi, et c’est plus embêtant, à rivaliser avec un « Everything In Between » (que l’on avait un peu sous-estimé dans notre chronique, à sa sortie) qui avait fini par livrer ses subtilités mélodiques et ses secrets après quelques écoutes supplémentaires. Car si « An Object » s’ouvre sur un trio de morceaux convaincants avec « I Won’t Be Your Generator », bon morceau de quasi noisy-pop ou le plus punk-rock « C’mon Stimmung » et son riff de guitare dissonant et bancale en guise de refrain, la suite est plus inégale. Le rythme retombe, les structures des morceaux se font plus abstraites et les titres tombent souvent dans un ambient répétitif (comme sur « Defector/ed » ou « Commerce, Comment, Commence ») peu intéressant. A part « Circling With Dizzy » (qui revient à un punk-rock avec chant vindicatif à la Ian Mackaye) et peut-être « Lock Box », cette deuxième partie enthousiasme clairement moins. Au final, il manque un fil conducteur à cet album, quelque chose qui tienne l’auditeur en haleine jusqu’au bout, ce qu’avaient les précédents No Age, en plus de quelques tubes en puissance. Du coup, on ne retrouve le charme qui se dégage habituellement de l’art-punk du groupe que par intermittences.

(Album – Sub Pop)