obits_bed_bugsEn fait, je crois que pour être objectif au sujet de The Obits, il faudrait être amnésique. Pouvoir oublier que Rick Froberg a fait partie de 2 groupes aussi marquants que Drive Like Jehu et Hot Snakes. Sinon, inévitablement, le fantôme de ces 2 projets plane sur les albums du groupe de Brooklyn, qui ont, du coup, bien du mal à soutenir la comparaison.

Honnêtement, le rock vintage (le digipack reproduit d’ailleurs quasiment à l’identique une pochette de 33 tours) aux influences sixties évidentes (c’est particulièrement clair sur « Spun Out » et ses effluves surf ou « This Must Be Done ») proposé par ce « Bed And Bugs » ne démérite pas et est même plutôt sympa. Mais sans plus. L’album ayant en effet du mal à enthousiasmer sur la longueur. Il y a pourtant ici quelques morceaux bien inspirés (« Besetchet », reprise inattendue d’un morceau de la collection « Ethiopiques », l’enlevé « Taste the Diff » qui ouvre l’album ou les plus garage-punk « Operation Bikini » ou « I’m Closing in ») mais le reste est tout de même un brin trop sage et relativement convenu, voire même plan-plan par moments.

On ne devrait pas êtres déçus. Les choses sont claires : the Obits est un projet différent et Froberg est ici entouré d’autres musiciens mais c’est plus fort que nous : incorrigibles que nous sommes, à chaque nouvel album ou à chaque nouvelle tournée, on a envie d’y croire. Croire que l’on va retrouver la folie d’un Drive Like Jehu ou l’inspiration d’un Hot Snakes…

(Album – Sub Pop)