poutre-voglio4 ans après « Escalade », un premier album qui avait déjà retenu l’attention du petit monde noise, les arlésiens de Poutre reviennent donc nous donner du rabe. Et dans le genre « j’adore la noise des années 90« , les gars se posent là. Guitares abrasives, rythmiques syncopées, basse tournante, et voix saturée, tout y est. Mais là où d’autre jouent les méchants, ces gars là sont des tendres. Au détour d’une brutasserie hurlée du plus bel effet, la guitare ouvre le champ, les mélodies se renforcent et un brin de mélancolie s’infiltre. La formule n’est pas nouvelle, on pense évidemment à quelques aïeux français comme Portobello Bones, ou Basement, mais Poutre montre une certaine originalité, plus fragile, moins impénétrable. Les arlésiens n’ont pas bouffé d’anabolisants et assument une anatomie plus sèche, plus nerveuse, et peut-être plus punk. Bien leur en a pris.
Reste un léger doute sur le choix éprouvant d’être saccadé de A à Z (avec une batterie très très sèche), mais les jolis mélodies et la furie qui se dégage de certains titres suffisent à tout leur pardonner. Poutre montre à nouveau qu’il est un groupe à part dans le paysage français, et avec un tel album, il serait dommage de passer à côté. Conseillé.

(Album – Katatak)