Le premier album des allemands de Volt ne laisse aucune place à l’espoir ou à la gaieté, deux sentiments bannis des dictionnaires du groupe. Leur noise rock est sombre, dure, lourde et aride. Pas là pour plaire les gars… Pas de compromis. Les structures sont alambiquées, les rythmes complexes, mais avant tout, l’énergie est destructrice et malsaine. On pense bien entendu à Jesus Lizard, sans pour autant être clairement identifiable… juste une même attitude rampante et angoissante, et cette envie d’en découdre, de bouffer du politiquement correct… Volt se veut malsain, n’hésitant pas à provoquer l’auditeur, jouant parfois avec l’esprit perturbé des premiers Today is the Day (en plus rock)… Le chant est malheureusement moins inspiré, et cela ne permet pas aux structures de retrouver un fil conducteur… Du coup, à force de trop tirer sur la corde, le groupe risque de perdre quelques auditeurs en route, mais ceux qui viennent ici savent à quoi s’attendre. D’un autre côté, si les allemands n’ont pas toujours le charisme des grandes références, ils possèdent une énergie très rock, qui permet au disque de tenir, ou au moins, de ne pas se perdre trop vite. Bref, si l’album peut devenir indigeste dans son ensemble, il n’en cache pas pour autant d’excellents moments que les amateurs de noise rock sauront reconnaître. Tient, pour l’anecdote, on me fait même remarquer que le riff du début de « Stativ » est le même que celui d’un morceau de Pregnant sorti à l’époque… c’est drôle. Au final, nous avons affaire à un album loin d’être parfait, peut-être un peu long, mais contenant quelques perles qu’il serait dommage d’ignorer.

(album / exile on mainstream – southern)