Melvins_trescabronesCela faisait un bout de temps (depuis « Honky » sorti sur Amphetamine Reptile en 1997 en fait…) que je n’avais plus rendu visite aux Melvins. Je crois bien que leur côté nonchalant et imprévisible, et des albums foutages de gueule comme « Prick », avait bel et bien fini par me lasser. Et vous savez quoi ? Ben les mecs n’ont pas beaucoup changé ! King Buzzo a toujours sa choucroute brune (plutôt poivre et sel maintenant…) sur la tête et le trio est toujours aussi allumé. D’ailleurs, ils nous ressortent avec « Tres Cabrones » l’un de ces concept albums dont ils ont le secret. Après « I Love Sausages » (sorti il y a quelques mois seulement), compilation de reprises de Venom, Queen, Bowie ou des Kinks enregistrées ces dernières années, cette fois Buzzo et ses acolytes nous proposent de faire un voyage dans le temps ! Rien que ça.

Direction donc l’année 1983. Pour retrouver la formation du groupe à cette époque-là avec Mike Dillard alors batteur de retour derrière les fûts (du coup, Dale Crover qui l’avait remplacé par la suite se met lui ici à la basse) le temps d’un album. A moins qu’ils ne fassent de nouveau un bout de chemin ensemble, difficile de savoir avec les Melvins… Formation de 1983 donc mais heureusement pour nous pas la musique, hyper lourde et lente, que le groupe jouait à l’époque. Au contraire, bonne pioche, ce sont des Melvins bien inspirés que l’on retrouve ici avec un album du niveau de « Stoner Witch » ou « Stag » sortis en 96-97 pendant leur période phare. Avec une recette bien connue de leurs fans : un mélange d’heavy rock du meilleur effet comme sur les très bons et presque noise-rock (du genre flippant, à la Tomahawk) « Doctor Mule » et « Psychodelic Haze » ou les plus lourds « City Dump », « American Cow » ou « Stump Farmer » et leurs riffs bien gras, de quelques intermèdes complètement délirants (3 chansons folk traditionnelles américaines complètement détournées par le trio) et de reprises de groupes que les américains apprécient, ici les Pop-o-Pies et The Lewd, pour 2 morceaux punk-rock old school troussés comme il faut. Et, bien sûr, le chant barré de King Buzzo capable d’à peu près tout, y compris d’être normal.

C’est du très bon Melvins qui nous est proposé avec « Tres Cabrones » (« Trois boucs » en espagnol mais qui peut aussi vouloir dire « Trois enfoirés », ce qui paraît plus adapté…), probablement l’un des meilleurs albums du groupe. Avis aux amateurs !

(Album – Ipecac)