therewillbeblood_withoutAvec son patronyme de groupe hardcore, ce trio italien, à ne pas confondre avec le groupe metal amérticain, navigue dans les eaux troubles du blues. Un blues enraciné dans la tradition, bien qu’inexorablement moderne et frontal, un blues bruyant et sale, loin d’être révolutionnaire mais dépoussiéré de toute nostalgie. Ça commence d’entrée avec un riff endiablé, minimaliste et répétitif sur l’excellent « Ain’t no places, no matter » pour finir 14 titres plus loin, sans avoir relâché une seule seconde la pression. Saturation sur la voix, saturation sur les deux guitares, rythmique qui n’hésite pas à montrer les dents, les italiens sont prêts à en découdre et le font savoir. Que ce soit à coup de riffs démoniaques, de coups de lattes dans le comptoir, ou en trainant des pieds nonchalamment,  There will be blood joue les mauvais garçons. Mais cela ne ferait pas un si bon album si le groupe ne touchait pas à maintes reprises le feu sacré grâce à un savoir-faire précieux. Les codes des aïeux sont parfaitement digérés et les italiens donnent sans cesse l’impression de se trouver aux Etats-Unis, au volant d’un semi-remorque, casquette de baseball vissée sur la tête, ou encore au pied d’une bicoque déglinguée au bord du Mississippi… Une chose est sûre, Robert Johnson n’a pas vendu son âme au diable pour rien. Classique mais terriblement efficace.

(Album /Ghost records)