russiancircles_memorialOn pourrait s’étonner de voir Russian Circles rejoindre comme cela la cohorte des groupes jouant du post-rock s’ils ne sortaient là leur cinquième album! Et si le groupe persévère dans un genre qui a tendance à tourner en rond depuis quelques temps déjà c’est qu’il sait qu’il a une personnalité à même de le faire sortir du lot.

Car si la forme (assez stéréotypée, avec cette photo de paysage de montagne prise d’avion en guise de pochette et ces 2 morceaux calmes emmenés par une guitare acoustique qui ouvrent et referment l’album) pouvait faire craindre le pire, le plat de résistance composé des 6 véritables morceaux de « Memorial » marque en effet rapidement sa différence avec un « Deficit » qui pue le désespoir avec cette guitare qui balance des riffs lorgnant vers le metal hardcore. Russian Circles ne se fixe donc pas de limites et reviendra d’ailleurs encore plusieurs fois, sur « Burial » et « Lebaron », à ces ambiances inquiétantes et même carrément menaçantes véhiculées par une lourdeur et une agressivité metal.

Ce qui contraste bien entendu avec les autres morceaux, plus calmes et mélancoliques, plus classiquement post-rock pourrait-on dire : le très joli et Godspeed You ! Black Emperor dans l’âme « 1777 », le post-apocalyptique « Cheyenne » ou « Ethel », qui pourrait être du Mogwaï, en plus lyrique, avec sa guitare qui monte parfois dans des arpèges aigus. Un mélange qui permet indéniablement au groupe de surprendre et de tirer son épingle du jeu, sans oublier cette batterie inventive et omniprésente, qui loin de se cantonner uniquement à sa tâche rythmique participe au contraire à la création des ambiances et à la recherche des émotions. Une bonne surprise !

(Album – Sargent House)