sonluxDerrière Son Lux se cache en fait Ryan Lott, sorte de petit génie de l’ère numérique qui pioche des sons dans la banque qu’il s’est probablement constituée au fil du temps, les travaille, les triture, y ajoute les voix des chanteurs qu’il a invités (citons Chris Thile de The Punch Brothers, Peter Silberman de The Antlers ou Lily and Madeleine) et sculpte dans cette matière afin d’accéder à l’émotion. Cela donne de l’électro lyrique véritablement touché par la grâce sur certains morceaux, notamment sur le binôme « Alternate World »/ »Lost It To trying » (avec son râle synthétique en guise de rythmique, cette batterie épileptique, ses violons triturés et ses voix pénétrantes façon The Third Eye Foundation, c’est la bande originale de vos plus beaux cauchemars) qui marque les esprits dés le début de l’album.

Sorte de croisement entre Radiohead, Björk et l’Aucan de « Black Rainbow », Lanterns alterne ensuite morceaux du même tonneau, alliant énergie rock et électronica, comme le très bon « No crimes » (et son ambiance très folk d’Europe de l’est avec ces violons et ce chant féminin slaves) et titres au tempo clairement plus lent, plus intimistes aussi, comme le dépouillé « Pyre » ou le plus minimaliste « Enough Of Our Machines », introduit par un piano tristounet avant d’être rejoint par des violons et un chant fragile mélancolique.

On aurait peut-être sorti nos plus beaux superlatifs si l’album se terminait aussi bien qu’il n’avait commencé. Mais peu importe finalement si les 2 derniers morceaux, « Plan The Escape » et « Lanterns Lit », sont un ton en dessous, cela n’empêchera pas Lanterns de figurer parmi les albums remarqués de la fin d’année écoulée.

(Album – Joyful Noise/Differ-Ant)