cobayesUn nouveau laboratoire pharmaceutique, Scott-Dumaz, vient de créer une nouvelle molécule appartenant à la famille des anxiolytiques, le M2 C2 T. Pour aborder la phase II de l’expérimentation clinique de ce médicament révolutionnaire (non-perturbant, il n’entraîne aucune altération de la conscience, ni de somnolence ou de dépendance), le docteur Mermont a besoin de 3 testeurs humains. Après quelques tests et des entretiens, Daniel, Romain et Moïra sont choisis pour être ces fameux cobayes. Ils vont donc passer 21 jours sans sortir du centre avec un programme journalier drastique : 3 comprimés à prendre matin, midi et soir, un électrocardiogramme toutes les 2 heures, une prise de sang toutes les demi-heures et une vérification de la tension toutes les heures. Tensions, promiscuité, voire angoisses : les 3 testeurs ont conscience que ces 3 semaines vont parfois être compliquées mais ils se disent qu’au bout il y aura un chèque de 3500 euros…

Si Tonino Benacquista a écrit quelques scénarios magnifiques (on pense à « Sur mes lèvres » ou « De battre mon cœur s’est arrêté » qu’il a écrits pour Audiard) pour le cinéma, il est également un habitué des récits de bande dessinée avec notamment « Dieu n’a pas réponse à tout », qu’il avait déjà signé avec Barral. Il récidive ici avec ce thriller qui se passe dans l’univers des laboratoires pharmaceutiques. On aurait pu s’attendre à une critique des pratiques, souvent sans scrupules, de ces entreprises. Il n’en est rien. En fait, si Benacquista utilise ici la science, c’est uniquement pour provoquer des changements -positifs !- chez ses protagonistes (car c’est là la surprise que réserve son scénario : il y a bien des effets indésirables mais ceux-ci, surprenants, sont bénéfiques chez les 3 cobayes) et ensuite observer comment ils le vivent et réagissent à cela.

Une étude de mœurs plutôt bien vue qui vient nous parler de tentation, de jalousie, de pouvoir ou d’orgueil sur un mode assez léger, « Les cobayes » ne s’éloignant jamais trop de la comédie. Et une lecture bien agréable grâce à ce scénario malin, à un découpage fluide et au dessin pas forcément original mais très lisible de Barral.

(Récit complet- Dargaud)