raymonde_howard_lelitAprès avoir joué du punk-noise en groupe, à la fin des années 90, la stéphanoise Lætitia Fournier s’est mise à écrire et jouer seule (ou accompagnée d’un batteur) de petites chansons plus intimes, répétitives, dépouillées mais incroyablement habitées.  Raymonde Howard est née. Après deux albums toujours aussi touchants, Raymonde revient donc pour composer la bande original du court-métrage « Le Lit » (dont je dois avouer ne rien connaître). Bien lui en a pris tant c’est avec un plaisir non dissimulé que je ré-étends sa voix et ses boucles de guitares. En huit titres et quinze petites minutes, Raymonde nous montre qu’elle n’a rien perdue de son talent. On y retrouve toujours ses ballades entêtantes, sa voix incroyable, et cette énergie positive qui donne envie de se lever, d’envoyer valser les problèmes, et de se mettre à danser. Les chansons de Raymonde Howard possèdent cette force là. Digne héritière de la PJ Harvey des débuts, elle incarne ce même mélange de fragilité et de puissance, de joie et de mélancolie. La stéphanoise semble aussi s’inspirer des musiques africaines comme sur « tide-ride » (effet renforcé par l’utilisation de boucles de guitare en générale). Alors, si certains s’inquiétaient d’une quelconque métamorphose après son simili succès, qu’ils se rassurent, Raymonde Howard n’a pas changé d’un iota sa façon de raconter des histoires. Si certains titres sonnent comme des tubes imparables, c’est uniquement parce que la demoiselle possède un savoir faire pop indéniable. Son besoin pervers de couper les morceaux abruptement, sans dire au revoir, est une preuve supplémentaire, s’il en fallait une, que Raymonde Howard est une indépendante qui n’en fait qu’à sa tête. Tant mieux, elle le fait merveilleusement.

(album – we are unique!)