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STNNNG

louise mitchels

Louise Mitchels

 

STNNNG + Ventura + Radikal Satan + Shub
+ les Louise Mitchels + Mr Marcaille
(Bobigny, Canal 93, 22-02-2014)

Avec 6 groupes à l’affiche, cette première date organisée à Bobigny faisait quasiment office de festival. Sorte de répétition du Rejufest qui aura lieu au même endroit mi-mars. Et pour le coup, les trois associations organisatrices (GTOK?GTKO!, Belmachine, Et Mon Cul C’Est Du Tofu) n’ont pas lésiné sur la programmation. Une affiche éclectique, mais particulièrement audacieuse, réunissant la crème de la scène noiso-punk-expé-indé-mes-couilles.

 

La salle trône majestueusement dans un coin paumé de Bobigny, comme une Smac exubérante, dans laquelle l’état a dû claquer un paquet de tunes pour dire qu’il s’occupe de la culture. Mais point de critique, ce soir, on en profite, et un paquet de monde est là avec nous.
C’est Mr Marcaille qui ouvre le bal. En slip, armé de son violoncelle de deux grosses caisses, le bougre vomi son metal revanchard. Il crache, suinte, sue, hurle jusqu’à plus soif, et offre, l’air de ne pas y toucher, une prestation digne d’un groupe trash de cinq personne. Une performance qui fait toujours son petit effet.On enchaîne avec les Louise Mitchels, qui jouent pour la dernière fois avec leur batteur d’origine. Si je ne m’abuse, il ne restera donc plus que Pascal de la formation originelle. Ça faisait un bail que je ne les avais pas vu, et les changements de personnels (deux batteries, un sax tenor, et Loïc d’Abject Object qui remplace Geoff / Jessica 93 à la guitare) offre une musique nettement plus resserrée. Et moi qui déteste le saxo dans le rock, je trouve que son utilisation assez minimale leur va comme un gant. Je prends donc un certain plaisir à assister à leur set, toujours aussi technique, mais plus frontal qu’autrefois.

A peine le temps de découvrir les expos et les tables de presse (en fait, j’ai plutôt serré des paluches et bu des bières), que le premier morceau de Shub résonne. Les bougres sont venus en bande avec une clique de nîmois (salut à vous) qui dansent devant la scène. Et depuis le temps que je les vois en concert, je suis content d’entendre les compos du nouvel album avec le système son d’une Smac, ça me change des bars et des caves moisies. Du coup, la guitare ne se fait pas enterrer par les infrabasses, et c’est tout à leur avantage. Les titres de « spot the difference » enchainent. Les trois nimois sont plus sérieux que d’habitude, et ça manque un peu. Du coup les transitions interminables entre les morceaux plombent un peu le set. Dommage, car les gars sont là et je prends un certain plaisir à entendre « the war is over » en live, dont je découvre un nouvel aspect, plus émo (désolé les gars). Le groupe finira son concert avec l’habituelle reprise de 12XU (Wire), en invitant Dylan (Lab, Urine, etc.). Malheureusement, l’ingé son en décidera autrement en oubliant sûrement d’ouvrir le micro de Dylan, ce qui nous laissera avec une version instrumentale de ce tube punk.
Bêtement, à force de papotages, de retrouvailles, et autres papillonades, je loupe le set de Radikal Satan. Ça semblait pourtant assez classe (comme souvent avec le duo), bien qu’un peu barré-chiant pour certains.

Stnnng

Stnnng

Mr Marcaille

Mr Marcaille

Shub

Shub

Je retrouve la grande scène pour les Suisses de Ventura. Pas mal de gens les attendent suite à leur dernier disque. A côté, quelques jeunes fans semblent prendre leur pied. Il faut avouer que Ventura sait y faire, entre mélodies douces et artillerie noise. Pourtant l’excès de compression sonore, peut-être dû à la salle (puisque l’ensemble des groupes sonneront assez rond) m’empêche d’adhérer vraiment à leur concert. Rien à redire devant l’énergie du groupe qui renvoie parfois à Nirvana, ni devant son aptitude technique inébranlable, mais ils n’ont juste pas réussi à m’embarquer avec eux. Ils auront pourtant fait des efforts en reprenant judicieusement les excellents Hot Snakes au milieu du set, mais rien n’y fait, je reste sur ma faim, contrairement aux kids à côté de moi.

Peu importe, l’évènement pour quelques uns dont je fais partie, c’est la venue en France, pour la première fois, des américains de STNNNG, soit l’un des derniers groupes noise à m’avoir vraiment excité. Et bien qu’ils ne jouent pas sur leur matos, mais sur celui de Shub avec qui ils tournent,  les gars vont retourner tout le monde et monter le niveau de la soirée d’un cran. Gros son, belle énergie, finesse et upercut noise incomparable. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas entendu ça. Il y a du Jesus Lizard, du Polvo et même du AC/DC ici. Ça joue, et plutôt très bien, tout en vous retournant le cerveau avec hargne. Je me demandais si le public suivrait. La réponse est oui. Les kids pogottent, la salle est presque pleine, ça hurlent, applaudit, danse… Pour leur première date française, les ricains ont sans aucun doute possible convaincu. Alors on peut regretter l’aspect un peu froid d’un des deux guitaristes (rattrapé par l’investissement à 200% du bassiste), ou le son un peu plus rond que sur disque, ce serait oublier bien vite les tubes que les américains viennent de nous asséner. Excellent, rien de moins.

Le rendez-vous est pris pour le Rejufest les 19 et 20 avril, au même endroit.

photo [cg]