lacherpriseEn même temps que Futuropolis rééditait « Seules contre tous » (récit dans lequel l’auteure racontait comment sa mère avait réussi à fuir de Budapest avec elle puis à se cacher dans la campagne hongroise pour échapper aux nazis lors de la seconde guerre mondiale), la maison d’édition a également sorti le nouveau roman graphique de Miriam Katin, « Lâcher prise ».

L’auteure s’y met une nouvelle fois en scène dans le New-York où elle vit désormais. Cette fois, elle y raconte sa nouvelle vie d’auteure devenue américaine qu’elle partage avec Geoffrey qui est clarinettiste. Une vie heureuse bercée par le dessin et les notes de musique de son mari jusqu’au jour où son fils Ilan, qui vit à Berlin, lui demande de l’aider à obtenir la nationalité hongroise pour pouvoir résider en Allemagne…Resurgissent alors les fantômes du passé, les horreurs de la guerre et la haine des allemands et des hongrois qui ne l’a jamais quittée…Non, vraiment, il lui est impossible de faire ces démarches : ce serait comme confier « son bébé aux loups » !

C’est avec les mêmes choix graphiques (un dessin au crayon et une mise en couleur directe, également aux crayons, parfaitement dans l’esprit et le ton du récit), beaucoup d’humour et de sincérité que Katin nous conte cette nouvelle « épreuve » : le choc de l’annonce de son fils, l’angoisse du voyage à Berlin pour aller leur rendre visite, à lui et à sa petite amie, ou le combat nécessaire pour vaincre ses préjugés. Pour une nouvelle belle réussite qui vient nous parler des blessures indélébiles infligées par la guerre mais aussi de la nécessaire confrontation avec le passé pour pouvoir avancer et vivre sereinement le présent et le futur. Attachant.

(Récit complet – Futuropolis)