liars_messonamissionLa routine ? Les fans de Liars ne connaissent pas ! Il faut dire que le groupe américain ne les a jamais ménagés, ne leur laissant jamais la possibilité de s’installer dans une zone de confort musicale. Ainsi, chaque nouvel album du trio est un voyage dans l’inconnu, une porte ouverte sur un univers imprévisible, le groupe n’aimant rien moins que de se frotter à de nouveaux genres et se lancer de nouveaux défis.

Cette fois, cependant, dés l’intro de « Mask Maker » et sa voix distordue, on comprend que les gars sont encore en pleine période électro et que ce nouvel album n’est que le prolongement du travail débuté avec « Wixiw », son prédécesseur. En plus radical néanmoins. Car ici plus aucune trace de guitare ! De l’électro donc mais joué par des punks, déviant et singulier. De l‘électro souvent bruitiste et agressif qui a une âme, transcendé par le chant charismatique d’Angus Andrew. Il suffit d’écouter « Vox Tuned D.E.D. » et ses synthés inquiétants, le sombre « I’m No Gold » qui le suit et est taillé dans le même bois ou le single « Mess On A Mission », addictif au possible, un tube en puissance, pour s’en rendre compte. Sans oublier le massif et tout aussi noir « Pro Anti Anti » aux sonorités indus. Les autres morceaux n’ont pas la même force puisqu’ils ont davantage pour but de calmer le jeu (comme « Can’t Hear Well », qui aurait presque pu figurer sur le dernier Mogwaï et prépare idéalement l’arrivée de « Mess On A Mission ») et de varier les tempos comme le plus tribal « Darkslide » ou l’ambient « Boyzone » (que l’on trouve sur la seconde partie de l’album, bien plus calme).

Bon, on n’est pas non plus en train de vous dire que l‘on va se convertir à l’électro mais il faut reconnaître qu’au final, ce « Mess On A Mission », plus convaincant que son prédécesseur, s’avère être une bonne surprise. Il devrait une nouvelle fois diviser le petit monde des musiques indés mais il risque tout de même bien d’amener quelques punks sur les dance floors…

(Album – Mute)