wovenhand_refractoryLes fans de David Eugene Edwards savent où le trouver depuis l’arrêt de 16 Horsepower. Car la parenthèse Crime And The City Solution désormais refermée (il était de l’enregistrement de leur dernier album « American Twilight » et a tourné avec la bande à Howard), le voici de retour avec un nouvel album de Wovenhand (le septième), qui sort, pour la petite histoire, sur Deathwish (le label de Jacob Bannon, le chanteur de Converge) aux Etats-Unis (ce sont par contre les allemands de Glitterhouse qui se chargent, comme d’habitude, de la sortie européenne), preuve que le gars a des admirateurs dans tous les milieux musicaux.

Mais ceux qui n’avaient plus suivi l’américain depuis « Folklore », le dernier album studio de 16 Horsepower, risquent d’être un peu surpris. Car si le banjo mandoline (qui ouvre notamment « Corsicana Clip » ou « King David »), les références à la religion dans les textes, les racines folk et country et le chant profond et habité sont toujours bel et bien là, Edwards a ici décidé de hausser le ton, et pas qu’un peu !, avec « Refractory Obdurate » ! Et d’ajouter à la beauté sombre habituelle de ses morceaux une bonne dose d’électricité et d’énergie quasi-punk que l’on ne lui avait que rarement connu. Oh, on le savait notamment fan de Joy Division ou du Gun Club (16 Horsepower reprenait notamment, de belle manière d’ailleurs, « Day Of The Lords » et « Fire Spirit » en concert, 2 morceaux présents sur le live « Hoarse ») mais il n’en avait que peu souvent fait la démonstration sur ses albums même s’il y avait eu quelques signes avant-coureurs allant dans ce sens (sur quelques morceaux de « Secret South « , l’avant-dernier album studio, notamment).

Et cela lui réussit bien, en attestent « Good Sheperd », « The Refractory » ou « Hiss », sur lesquels les riffs se font même carrément post-hardcore, qui cohabitent avec des titres plus traditionnellement calmes! Une évolution pertinente donc qui permet à Dee (comme il se fait appeler sur cet album) d’éviter de se répéter et qui comblera ceux qui trouvaient ses précédents travaux un peu mous. Très bon album.

(Album – Glitterhouse records)