nidieunimaitreMaximilien Le Roy continue, pour notre plus grand intérêt, de passer en revue les grandes figures socialistes ou les actes de résistance qui ont marqué le mouvement libertaire. Après les républicains espagnols dans « Espana la vida » ou Thoreau dans « La vie sublime », il rend cette fois hommage à Auguste Blanqui, à qui l’on doit notamment la célèbre formule « Ni Dieu ni maître » (en fait le titre de l’un des journaux qu’il créa).
33 ans et sept mois et demi de prison, six années d’exil ou de surveillance policière, deux ans et huit mois de résidence forcée : Blanqui a passé toute sa vie à combattre l’injustice de la monarchie et à se battre pour l’avènement de la république et la liberté du peuple. En fait, dés qu’il sortait de prison, il publiait un nouveau journal pour dénoncer les pouvoirs en place ou fondait une société pour organiser une insurrection afin de prendre l’hôtel de ville de Paris et renverser, si le peuple des opprimés le suivait, la dictature du roi ou de l’empereur. Pas étonnant que l’on ait fini par le surnommer « l’enfermé » ! Et si toutes ses tentatives se soldèrent par un échec, il fût, de par sa pensée politique et son engagement irréductible, l’un des principaux inspirateurs de la Commune de Paris (il se trouvait, malheureusement pour lui, en prison quand l’insurrection éclata) ainsi qu’à l’origine d’un mouvement, le Blanquisme, qui combattit notamment la tyrannie tsariste.
Ici épaulé pour la première fois par Locatelli Kournwsky qui propose un travail graphique (un trait direct et spontané, sans fioritures, rehaussé de lavis et d’une mise en couleurs informatique faite d’aplats que l’on retrouve souvent dans les œuvres de Le Roy) en totale symbiose avec le scénario, Le Roy livre de nouveau un portrait passionnant et très vivant (notamment grâce à ce choix de faire raconter sa vie par Blanqui lui-même à un journaliste lui rendant visite en prison) de celui qui déclare au début du récit : « j’avais 17 ans lorsque j’ai appris à haïr cette société », en référence au jour où il vit 4 hommes être guillotinés à La Rochelle pour avoir comploté en vue de renverser la monarchie.
Une très belle occasion d’en apprendre un peu plus sur la personnalité, la pensée politique ou les luttes de celui qui a donné son nom à nombre de rues de villes françaises !

(Récit complet – Casterman)