benitomamboLa bonne idée que voilà ! 15 ans après sa parution en noir et blanc dans la très bonne collection Tohu Bohu (et donc dans un format relativement petit), les Humanoïdes Associés ressortent « Benito Mambo », le premier récit en solo de Christian Durieux, dans une très belle édition : très grand format, fil marque page et une jolie mise en couleurs, assurée par l’auteur lui-même, pour l’occasion. Et cela change tout à ce « Benito Mambo » ! Il était en effet tout de même paradoxal que pareille ode à la vie et à l’amour ait jusque là été privée de couleur !
Car le récit raconte la vie de Charles-Henri, fils d’un grand magnat de la finance, qui annonce un beau jour à son père qu’il a trouvé sa voie : il veut devenir danseur de mambo. Ulcéré (ce n’est pas de poètes dont la famille a besoin pour continuer à prospérer!), le PDG de « Partners and Partners » demande à ses 2 hommes de main d’envoyer Charles-Henri au fond d’un puits! Là, attendant une mort certaine, il exécute une dernière danse…qui émeut le Dieu du mambo qui lui apparaît alors et lui vient en aide. Ainsi sauvé, Charles-Henri décide de changer de nom, il devient Benito !, et commence sa vraie vie ! Une vie pleine d’aventures, qui le mènera sur un curieux vaisseau volant dirigé par un capitaine souffrant de coprolalie (il ne peut s’empêcher de prononcer des mots scatologiques…), lui fera rencontrer l’étrange équipe du père Claquemur chargée de creuser un tunnel à travers la planète reliant le pôle sud au pôle nord et le fera tombé amoureux de la belle Angéline, une femme à 3 jambes, qu’il sauvera d’ailleurs de son destin tout tracé : enfanter de beaux enfants pour le royaume de Matamore…
Tout l’univers de Christian Durieux est déjà là, dans ce premier récit en auteur complet. Une fable (à placer entre « Le capitaine écarlate » de David B. et Guibert et « Le petit prince » de Saint-Exupéry) qui voit l’amour triompher de la haine, la poésie vaincre l’avidité et la grande finance, la joie de vivre et le rêve (et l’alcool !) l’emporter sur la morosité et la tristesse. Bourré de fantaisie, d’humour et d’humanisme, « Benito Mambo » et son dessin plein de tendresse installaient clairement Durieux comme l’un des auteurs gentiment décalés à suivre. A découvrir ou redécouvrir sans plus attendre !

(Roman graphique – Les Humanoïdes Associés)