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TEHO TEHARDO & BLIXA BARGELD

 Le festival Primavera de Barcelone est l’un des plus grands événements Indierock du continent depuis bientôt 15 ans et je n’aurai jamais cru pouvoir y aller. Mais voilà, à 3 heures de train de chez moi, je ne pouvais pas rater ça. 4 jours de musique, de soleil et de marche qui resteront longtemps gravés dans ma mémoire.

Le mercredi 28 mai 2014, après avoir visiter le musée Picasso, retraçant beaucoup la jeunesse du peintre, les festivités ont commencé dans un beau club du Sud-Ouest barcelonais, le BARTS. C’est THE EX qui allume la mèche avec un concert énergique et positif à souhait, ponctué de plusieurs nouveaux morceaux avec un son aux petits oignons.
Le temps de prendre un peu l’air et SHELLAC montent sur scène avec un Steve Albini volubile et en galère avec ses…. nouvelles lunettes. Une fois ces dernières tombées par terre et ses sempiternelles hublots raccrochés à ses oreilles, le concert s’énerve enfin et la fougue du trio chicagoan nous montre qu’il faut encore compter sur les vieux de la vieille école et on en redemande.

Jeudi 29 mai, 1er jour sur le site, très bétonné, du festival et on recommence par THE EX, sur une grande scène ensoleillée. Un set un brin différent de celui de la veille, mais beaucoup plus de monde à faire la fête avec les bataves, qui rappellent aux lighteux que les strombos et les lumières qui tournent dans tous les sens en plein jour, ça ne sert à rien et que tout le monde aimerait profiter de cette belle lumière naturelle du coucher de soleil sur la Costa Brava.
On traverse tout le site, qui est gigantesque, pour aller voir WARPAINT, mais les 4 étasuniennes, qui me font capillairement beaucoup penser aux L7 des 90’s, ne sont pas assez convaincantes et c’est l’appel de l’estomac qui gagne.
Et voici l’heure de voir les QUEENS OF THE STONE AGE en vrai. On est bien placé le long des crash barrières devant la table de mix mais malgré un set aéré et une super attitude, le son dégueulasse de la basse surmixée gâche tout.Dommage. Du coup, un peu déçu, on repart voir SHELLAC en plein air, et on arrive évidemment au moment où ils font l’avion pendant ‘Wingwalker’, comme à chaque fois.Au moins, on repart sur une note marrante de cette première journée sur le site.

Vendredi 30 mai, une après-midi à Montjuic et à la fondation Miro nous font arriver tardivement au Parc del Forum pour aller voir SLOWDIVE. Leur concert ne décolle pas et on part reprendre des forces en mangeant de délicieuses noodles thaï avec un bon steak à bulles frais.Puis on va voir LEE RANALDO AND THE DUST sur une des plus petites scènes du festival. Et c’est tant mieux car le côté proche du public lui va très bien et on a droit à un concert noise as fuck et à de magnifiques chansons comme lui seul sait si bien en faire. Enfin, voilà l’un des groupes que je voulais absolument voir : SLINT. Et c’est la méga claque ! Ils sont éparpillés sur toute la scène, le batteur caché derrière ses fûts et, sans faire de fioritures, ils envoient tubes sur tubes avec un super son. Tous les disques y passent et c’est un régal à chaque note, la classe américaine.De quoi finir en beauté cette troisième soirée magistrale.

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LEE RANALDO AND THE DUST

Samedi 30 mai, dernier jour et la fatigue commence à se faire sentir. En même temps ça tombe bien car le concert de TEHO TEHARDO & BLIXA BARGELD se passe dans un superbe auditorium aux portes du festival, avec des sièges super confortables, la climatisation et une acoustique sublime. en plus, on arrive à s’asseoir tout près de la scène, ce qui nous permet d’observer chaque détail de la gestuelle de Bargeld et le beau sourire de sa fille de 4/5 ans montée sur scène et assise à ses pieds durant la moitié du set. Accompagnés d’une violoncelliste et d’un ensemble de cordes, ils nous ont fait partager un moment magnifique, sorte de rêve éveillé ou l’on navigue entre douceur et rugosité dans une fluidité déconcertante. Un concert inoubliable, qui valait bien à lui tout seul le déplacement tellement c’était d’une finesse et d’une force incroyables. Toujours en train de rêver debout, on retourne manger de ces fameuses noodles thaï et l’heure de GODSPEED YOU ! BLACK EMPEROR sonne. On n’en verra que les vingt premières minutes, mais j’y serais bien resté jusqu’au bout de la nuit tellement ça partait bien.

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THE DISMEMBERMENT PLAN

Cependant, je n’avais encore jamais vu THE DISMEMBERMENT PLAN et ils se font très rares sur scène. Alors on avance vers leur petite scène et là, les sourires s’éclairent, les bassins se déhanchent et tout le monde reprend en chœur les refrains des gars de Washington D.C. Tout cela fait beaucoup de bien au corps et au cœur.
Enfin, c’est le moment de voir ce que NINE INCH NAILS donne en festival. Et pour les avoir vu le lendemain dans une salle, je peux vous dire qu’il vaut mieux les voir en intérieur tellement la vidéo et les effets visuels, impossibles à réaliser en plein air, ont leur importance dans le set des étasuniens. Même si les tubes s’enchaînent, souvent recomposés, le son n’est pas à la hauteur du groupe. Et le tout semble brouillon au départ. mais la magie opère quand même au milieu du set, et on se laisse emporter par la tempête magnétique que NIN dégage. Excellent pour conclure cette superbe édition d’un des meilleurs festivals d’Europe.

Évidemment, j’ai raté des groupes tels que les PIXIES, ARCADE FIRE, SAINT VINCENT, NEUTRAL MILK HOTEL, SUPERCHUNK, TELEVISION, MOGWAI, TY SEGALL entre autres,mais hélas, je n’ai pas le don d’ubiquité. C’en est presque trop à voir en trois jours, mais nom d’un labrador, j’y retournerais bien l’année prochaine !