deadrider_onglassIl faut parfois peu de choses pour planter le décor d’une chronique…Vous vous souvenez de US Maple, le groupe américain de noise-rock barré du label non moins givré Skin Graft ? Eh bien le guitariste, Todd Rittmann, joue désormais dans Dead Rider. Si c’est le cas, je pense que vous commencez à voir le tableau. Car notre homme ne s’est pas forcément assagi : si la musique de Dead Rider est certes moins bruyante, elle n’en reste pas moins totalement imprévisible et désireuse d’expérimenter. La ligne droite ? Ce groupe ne connaît pas. Et comme je vous rappelle que le cavalier est mort, on zigzague, on prend la tangente, on revient sur ses pas et surtout on ne fait jamais de sur-place ! On a donc à faire ici à un électro-rock ouvert à tous les possibles dans un format qui reste pourtant « normal » (les titres durent de 2 à 5 minutes) : des rythmes syncopés, des synthés, beats et autres drones en doses variables, des soubresauts de batterie, des guitares parfois tranchantes, des passages free-jazz, des breaks venus d’on ne sait où, des poussées de fièvre soudaines…Bref ça sent l’impro à plein nez tout ça. Du coup, écouter ce « Chills On Glass » s’avère, c’est sûr, assez déstabilisant (surtout lorsque le morceau part dans une autre direction après seulement un couplet et un refrain) mais fort rafraîchissant.
Nos penchants noise-rock nous feront plutôt aller d’emblée, c’est vrai, vers « Sex Grip Enemy » (le morceau le plus proche d’US Maple), sa rythmique lourde et ses guitares incisives ou « Of One Thousand » davantage que vers l’électro sombre de « Fumes And Nothing Else » ou du plus groovy « The Unnatural Act » mais ce « Chills On Glass » dans son ensemble (et sa volonté de fuir les sentiers battus musicaux) a retenu notre attention. Au fait, vous croyez vraiment que c’est une coïncidence si mon lecteur a buggé lors de l’écoute de cet album ?

(Album – Drag City)