texascowboys2Quand on commence un récit et que l’on tombe sur un dialogue comme celui-ci :
« -Mademoiselle Sophia, vous sentez rudement bon ce matin.
-Merci Grant. Mais vous savez il suffit de se laver », on sait que l’on va forcément l’aimer. C’est obligé. Comment pourrait-il en être autrement ? D’autant que l’on tient dans les mains le tome 2 de « Texas Cowboys » et que l’on avait adoré son prédécesseur.
Oui, le tome 2, parce qu’Ivy Frost, qui est habituellement chargé d’envoyer des infos sur la vie à Fort Worth, le bled le plus dangereux de l’ouest américain, à Harvey Drinkwater (ce nom…) pour qu’il en fasse des articles pour un journal de Boston, lui demande de prendre le premier train pour le rejoindre au Texas. Là, entre les plans des membres du gang de Sam Bass (qu’il avait infiltré dans le tome 1) pour le tuer à déjouer, une expérience de garçon vacher pendant quelques jours, la rencontre avec Butch Laframboise qui frappe plus vite que son ombre ou sa mise hors d’état de nuire de 3 hors-la-loi recherchés par la justice, il vivra assez de choses pour écrire des centaines d’articles de retour à Boston…
Un tome 2 peut-être encore meilleur que le premier. Tout sonne juste dans ce western signé Trondheim et Bonhomme : cette galerie de personnages incroyable, plus vrais que nature (du pourri Luke Short qui fait fortune en imposant ses conditions car il est en positon de force à Bat Masterson, l’organisateur de combats de boxe et de parties de poker en passant par la brute Laframboise ou Woodham le poivrot de service du saloon qui propose à qui veut l’écouter de raconter, en échange d’un verre de whisky, comment il a perdu son bras), les répliques, tordantes à souhait, et toute la ville de Fort Worth, violente et pourrie jusqu’à la moelle. Les deux auteurs ont même poussé le bouchon jusqu’à faire imprimer la série sur du papier un peu jauni et à la maquetter comme les illustrés bons marchés de « cow-boys » d’il y a quelques décennies. Grandiose ! Franchement, on est accros.

(Série en plusieurs tomes pouvant se lire séparément – Dupuis)