mongoDuane et Cameron sont de retour pour les festivals. Entre 4 ou 5 chopes descendues à l’auberge et quelques bastons, ils espèrent bien piller quelques tombes pour faire main basse sur des bijoux et de l’or. Malgré les serpents qui montent la garde et la corde au bout de laquelle ils pendront s’ils se font prendre. Sur la route, ils rencontrent une sorcière qui sort d’une expérience amoureuse douloureuse (enfin surtout pour son ex…) et à qui ils proposent de faire un bout de chemin ensemble. Mais rapidement, malgré les conseils de Cameron, le vieux Duane tombe amoureux d’elle…
Avec son nouveau récit, Philou Squarzoni nous prend, il faut l’avouer, quelque peu à contre-pied. Lui dont les œuvres sont d’habitude bien ancrées dans le réel (on peut citer son dernier, et indispensable !, récit « Saison brune » qui s’évertuait à prouver la nécessité d’une réforme énergétique urgente avant que le réchauffement climatique ne devienne irréversible ou « Dol » dans lequel il analysait, pour mieux les dénoncer, les ressorts de la politique des gouvernements de droite sous Chirac) s’offre en effet ici une petite virée dans l’univers de l’heroic fantasy. Mais peut-être ce « Mongo est un troll » est une parenthèse que l’auteur s’offre au milieu d’un travail plus conséquent (et peut-être plus fondamental) comme celle qu’il s’était octroyé avec « Un après-midi un peu couvert » (sorti dans la même collection Mirages, d’ailleurs) alors qu’il était en plein travail sur « Saison brune ».
Une parenthèse en tout cas teintée de mystère (on en apprend finalement peu sur les protagonistes, à part que Cameron est à la recherche de sa mère, et encore moins sur le Mongo du titre d’ailleurs) et de fantaisie (aux classique du genre que sont elfes, orques, trolls ou sorcières, Squarzoni ajoute les curieux chiens-cailloux ou un amant à tête de pieuvre), à placer quelque part entre « Château l’attente », Trondheim et Kerouac, qui nous propose de partager, l’espace de quelques jours, l’errance de ces deux compères, leurs discussions, leurs beuveries, leurs états d’âme, un peu, aussi. Ce n’est pas aussi enthousiasmant que ses récits engagés mais c’est plutôt sympa et très bien dessiné (une ligne claire élégante rehaussée d’une très belle mise en couleur). L’occasion en tout cas de découvrir une autre facette de l’auteur.

(Récit complet – Delcourt/Mirages)