Gipi_bonsbaisersQuand Gipi était gamin, son père lui racontait des histoires de guerre et de règlements de comptes qui fascinaient l’enfant qu’il était alors et qui marquèrent de façon indélébile son imaginaire d’auteur à venir. La preuve en 2 histoires courtes d’une trentaine de pages chacune !
Dans « Les innocents », on peut justement penser que Gipi se met en scène au travers du personnage d’Andréa, un garçon qui passe la journée avec son oncle. Le frère de sa mère devait l’emmener au parc d’attractions mais il a reçu, au dernier moment, un coup de fil d’un ancien pote qu’il n’a pas revu depuis plus de 10 ans, depuis qu’il a été condamné pour tentative de meurtre et est allé en prison. Andréa, lui, est ravi : il va enfin pouvoir rencontrer en chair et en os un ami à son tonton. Un de ceux dont il parle toujours, une bande de délinquants qui ont presque tous fini au trou…
Avec « Ils ont retrouvé la voiture », on change de registre. Finis les souvenirs de jeunesse qui voyait Gipi trainer dans la rue avec ses potes et se faire emmerder par des policiers mutés en province qui cherchaient à tuer le temps. Cette fois, on a affaire à des voyous. Des vrais. Du genre violent et sanguin. Les flics ont trouvé la voiture que l’un de leurs complices devait faire disparaître. Et maintenant, c’est tous ceux qui ont trempé dans cette histoire qui sont en danger. Alors l’homme calme l’a appelé pour qu’ils aillent régler son compte à celui qui n’a pas bien fait son boulot avant de s’occuper des autres. Tous les autres…Si le premier récit évoque la fascination et l’influence que les histoires de son père ont pu avoir sur lui, la seconde est l’illustration de ce que cette influence peut donner maintenant : un récit noir, tendu et particulièrement violent !
Dans notre dernière chronique d’une œuvre de Gipi (« Vois comme ton ombre s’allonge »), on regrettait que l’auteur italien se fasse trop rare. Futuropolis a dû nous entendre : l’éditeur a en effet décidé de ressortir, en 2014 et 2015, la plupart des récits de Gipi auparavant parus chez Coconino Press en Italie. Pour notre plus grande joie !
(Recueil de 2 histoires – Futuropolis)