hommedegoutSi l’on était passés à côté de « Pizza Roadtrip » (qui avait reçu quelques prix, notamment celui des lycéens à Angoulême 2013), on ne voulait, cette fois, pas rééditer la même erreur avec la nouvelle série du duo El Diablo/Cha qui sort de nouveau dans la collection Hostile Holster, souvent enthousiasmante, d’Ankama !
Au menu d’ « Un homme de goût » ? Un scénario aux petits oignons concocté par El Diablo qui nous emmène sur les traces de César Nekros, tueur en série d’un genre un peu particulier puisqu’il mange ses victimes (des femmes, brunes, jeunes et jolies de préférence) après les avoir tuées…Un psychopathe que Jamie Colgate, flic un brin obsédé par Nekros, vient de capturer après l’avoir traqué sans relâche depuis 20 ans. Mais avant de le remettre aux autorités locales, elle a décidé de le cuisiner un peu dans sa cave histoire de lui faire avouer son vice et également d’éclairer quelques zones d’ombre de son parcours : sa force surnaturelle, sa capacité à toujours se sortir des situations les plus compromises ou son éternelle jeunesse…
El Diablo avoue avoir été marqué par le film des années 90 « Highlander » et ses immortels quand il était gamin et son héros, sorte d’ogre des temps modernes, a été influencé par cela. Mélange d’Hannibal Lecter et du personnage joué par Christophe Lambert, Nekros est donc un héros des plus originaux qui a toujours réussi à vivre, et surtout survivre, parmi les êtres humains sans trop se faire remarquer! Son immortalité est bien sur la grande idée du scénario d’autant qu’elle permet à El Diablo de nous faire voyager dans le temps, sur des affaires de disparitions (dont Nékros est bien sûr soupçonné) ayant eu lieu dans les années 70 dans le Nevada, au début des années 90 à Los Angeles, au XIXe à Paris et même à Cuba pendant la révolution Castriste. Tout en offrant la possibilité à Cha de faire montre de tout son talent et de sa capacité à s’adapter puisque pour chaque flash back elle propose un travail graphique différent (un trait très fin, à la plume, et des tonalités sépias s’inspirant des anciennes gravures pour l’épisode de Paris, des couleurs assez criardes, des bleus et des marrons, pour les 90s ou un dessin qui imite le style de l’époque sur un papier « jauni » pour les années 70) pour apporter le vernis de réalisme dont l’histoire avait besoin pour être crédible. Vraiment bluffant. Tout cela fait de cette « Mise en bouche » un premier tome fort savoureux ! Garçon, plat suivant s’il-vous-plaît !

(Série – Ankama)