mcqueenMc Queen est chez sa psy pour une nouvelle séance d’analyse. Depuis que sa dernière affaire a mal tourné (il avait promis à la belle Lynn de les protéger, elle et sa fille, jusqu’au procès, où elle devait témoigner contre son mari, un pourri qui s’était lancé dans la politique en arrosant la moitié de la police pour couvrir ses magouilles et autres crimes, mais Maya avait disparu et Lynn était toujours dans le coma), le détective privé est suivi à cause de ses hallucinations. Le docteur Kovalesvskaïa essaie donc de faire parler l’homme à tête de singe (il déteste ça mais tout le monde l’appelle « le macaque »), histoire de vérifier qu’il est en état pour continuer à bosser…
Un pur exercice de style ! Van Der Zuiden annonce d’ailleurs d’emblée la couleur en sous-titrant son diptyque « a new hard-boiled mystery » (et en nommant l’un des personnages comme le célèbre auteur de hard-boiled, Dashiell Hamett, à qui l’on doit, notamment,  » Le faucon maltais »). Du polar noir à l’ancienne, donc, dont il réutilise ici tous les codes ou presque : le privé qui traîne son mal être, la strip-teaseuse qui panse les plaies du détective au grand cœur, les hommes politiques magouilleurs, les flics ripoux, sans oublier les femmes pulpeuses (c’est fou le nombre de personnages féminins au décolleté généreux que l’on rencontre dans ce diptyque…). Pas étonnant donc que ce premier tome donne une impression de déjà vu.
Malgré tout, grâce à un dessin ligne claire tout à fait raccord et à une mise en page souvent originale, Van Der Zuiden livre une copie convaincante. La crédibilité des scènes d’action, le réalisme des décors, la vraisemblance des personnages concourent à faire de ce « Trois petits singes » un récit bien sympa. Les fans du genre s’y retrouveront sans souci !

(Diptyque – Paquet)