urbanT3Zach se rêvait en sauveur de Monplaisir –ville tentaculaire entièrement dédiée au plaisir où les humains viennent de partout dans la galaxie pour passer leurs deux semaines de vacances annuelles- comme Overtime, le super héros des dessins animés de son enfance, mais c’est un garçon, le petit Niels Colton, qu’il tient maintenant dans ses bras, mort au cours de son combat avec le tueur à gages Ebrahimi…Une mort retransmise en direct sur les innombrables écrans disséminés dans tout Monplaisir mais que Springy Fools, l’inventeur de la cité qui joue désormais le rôle de Master of ceremony, n’a pu commenter. Car quelques secondes après, une énorme explosion a plongé la ville dans le noir complet. Une attaque terroriste diligentée par les « losers », ces gens condamnés à errer dans les rues de Monplaisir jusqu’à ce qu’ils aient remboursé Springy Fools ? C’est en tout cas ce dont Narcisse Membertou, le bras droit de Fools, est convaincu…
De plus en plus sombre ! Si l’on se doutait bien (le superbe travail graphique de Ricci, avec son côté ambivalent, le suggérait) que les déguisements, les couleurs chatoyantes et les rires de Monplaisir n’étaient qu’une apparence qui cachait une autre réalité, bien moins belle, on en a désormais la confirmation : plus on avance dans la série, plus on s’enfonce dans la noirceur de l’âme humaine, notamment de celle de Fools, mégalomane capable de tout pour pouvoir continuer à s’amuser avec le jouet qu’il s’est crée : Monplaisir.
Et petit à petit, les flash-backs distillés avec parcimonie par Brunschwig lèvent le voile sur les mystères de ce monde (comment Fools a pu créer Monplasir, ce qui amène tant de monde à venir passer ses vacances dans ce gigantesque parc d’attractions ou pourquoi Zach a décidé de rejoindre les Urban Interceptors) et le miroir que le scénariste nous tend avec son récit d’anticipation s’avère de plus en plus inquiétant. Car, finalement, il ne fait que pousser à leur paroxysme les travers de nos sociétés actuelles : sexe et violence sur les écrans (le nouvel opium) pour occuper et canaliser le peuple, exclusion des plus faibles, exploitation des salariés, régime autoritaire liberticide, surveillance et contrôle des citoyens par la vidéo ou leur carte de paiement. Et ça fait froid dans le dos !
Avec ce troisième tome, on en est désormais certain : « Urban » sera une très grande série !

(Série – Futuropolis)