voyage_improbableAu pied du phare d’Ouestan. Une équipe de paléontologues profite des grandes marées pour faire des fouilles au pied de l’édifice : le professeur Auguste Schnaps espère bien en effet être le premier à mettre au jour un plésiosaure bicéphale. Mais en creusant, l’une de ses jeunes assistantes fait un trou dans la roche duquel un gaz commence à sortir. Et soudain c’est l’explosion. Enorme. Qui détache le phare de la Terre et l’envoie dans l’espace. Et, avec lui, Schnaps, 2 jeunes filles qui le secondaient et les professeurs Noodle et Fruchttück, 2 confrères venus voir sa découverte. Sans oublier le gardien du phare. Ils se retrouvent tous rapidement en orbite autour de notre planète…
Turf est connu, et reconnu !, pour ses histoires pleines d’invention et de fantaisie. Son nouveau diptyque, « Le voyage improbable », ne déroge pas à la règle avec son scénario un brin loufoque qui ne s’embarrasse pas vraiment de vraisemblance (les personnages n’ont pas de masque et pourtant ils respirent comme vous et moi alors qu’ils sont dans la stratosphère…). Néanmoins, soyons francs, « Le voyage improbable » n’est pas au niveau de « La nef des fous », l’œuvre majeure de Turf mais il part tout de même sur de bonnes bases. On suit en effet avec plaisir les rebondissements de ce huis-clos spatial : les rencontres surprenantes que les « naufragés » sont amenés à faire (avec Laïka, notamment, première chienne envoyée par les russes dans l’espace, il y a de cela 40 ans), la hiérarchie qui semble se mettre en place entre les protagonistes (si Schnaps paraît être un leader naturel, le gardien ou Fruchttück ne semblent pas prêts à lui laisser les clés du phare…) ou les différentes réactions de chacun face à leur situation (il y a ceux qui paniquent, bien sûr, ceux pour qui tout est d’ors et déjà perdu et, enfin, ceux qui veulent malgré tout essayer de se battre pour s’en sortir). Et le dessin drôle et très lisible, tout à fait adapté, concourt également à rendre cette première partie sympathique.

(Diptyque – Delcourt)