dopebodyC’est sûr : ce n’est pas facile d’être entouré par des océans d’électro tous les jours ! Mais rassurons-nous : il reste quelques îlots, ici ou là, où l’on fait encore du bruit ! Du bon gros bruit qui en veut à nos oreilles. Dope Body est, heureusement !, là pour nous le rappeler avec ce régal de deuxième album qui sort chez Drag City !
Ces gars de Baltimore livrent ici 11 titres finalement assez variés même s’ils tournent tous, bien sûr, autour d’un rock plutôt bruyant : peut-être par peur d’être catalogués, ils laissent libre cours à toutes leurs influences, quitte à se disperser un peu ou à perdre quelques auditeurs en cours de route. Entre punk, noise rock, rock’n roll plus classique, post-punk, et rock heavy, on traverse « Lifer » (un mec condamné à perpétuité, en anglais, cela vous donne une idée de l’ambiance, avec l’artwork, aussi sobre que sombre) aux anges, souvent le sourire aux lèvres, heureux de se prendre des coups de saton dans le bide et des droites sous le menton. Pas la peine de ressortir tel ou tel morceau du lot (allez, pour le plaisir, citons tout de même « Hired Gun », sous influence Melvins, avec une digression surprenante à la And You Will Know Us By The Trail Of Dead au milieu et régulièrement déchiré par un riff épileptique déjanté) : tout tient parfaitement la route ici (à part peut-être « I’d Say To You », un peu plat) même quand le groupe ralentit la cadence et se fait plus mélodique pour calmer un peu le jeu.
« Lifer » n’invente peut-être rien, bourré qu’il est d’effluves nineties, mais ce concentré d’énergie, direct, assez imprévisible et sans calculs, met du baume au cœur ! Une bonne découverte.

(Album – Drag City)