githeadDifficile de deviner qu’au sein de Githead officie un certain Colin Newman tant la musique de son nouveau groupe est tout de même assez éloignée de celle de Wire. A moins d‘avoir écouté le récent « Change Becomes Us » (enfin, surtout sa moitié pop), album sur lequel Wire, plus de 30 ans après, revisitait des ébauches de morceaux laissés en plan au début des années 80. Car on retrouve en effet sur « Waiting For A Sign », quatrième album de Githead, le même son (Newman s’est de nouveau occupé de la production au Swim Studio), plus ample et accessible qu’auparavant, et la même approche de l’héritage post-punk, qui n’hésite pas à expérimenter et s’ouvrir, notamment à des influences bien plus pops (avec, notamment, ce chant, très posé, que certains trouveront d’ailleurs peut-être un peu fade, de Malka Spigel). Sans parler du chant de Newman, bien sûr. Enfin, quand on l’entend, car il se fait plus rare ici. Les guitares sont un peu logées à la même enseigne d’ailleurs : la plupart du temps, elles sont sobres et légères (à part sur « To Somewhere » où elles se font un peu plus nerveuses). Se contentant d’apporter une rythmique mélodique ici ou d’égrener quelques notes rêveuses là, sur un duo basse/batterie souvent solide (et une basse même lourde parfois).
Si « Waiting For A Sign » est un album rock, c’est d’un rock tranquille et éthéré dont on parle ici, avec ces synthés souvent un peu planants et ces guitares qui n’hésitent pas à faire parfois dans la réverb. Un rock rêveur, parfois inégal mais le plus souvent bien fichu. En témoignent les très bons « To Somewhere » ou « Not Coming Down ».

(Album – Swim)