pdm« PDM » est un récit autobiographique. Jusque là, il n’y a pas de quoi s’exciter, ce genre étant tout de même assez répandu en bande dessinée. Sauf qu’il est signé Pierre Paquet, le fondateur des éditions qui portent le même nom ! Et qu’il revient ici sur la création de son label (complètement par hasard, alors qu’il buvait une bière avec Jean-Marc Mathis qui lui expliquait, un jour de 1995, que Casterman ne voulait pas sortir son livre, le jugeant trop peu commercial), son évolution, ses démêlés avec la justice (un auteur a porté plainte contre lui, l’accusant d’avoir falsifié les chiffres de vente), sa façon de fonctionner (à l’instinct !) avec les auteurs. Bref, une opportunité rare de voir l’envers du décor de cette maison d’éditions indépendante suisse (qui a pris petit à petit une importance non-négligeable) et du monde de la bd en général.

Mais pas que ! Car ce qui fait tout le sel de ce « PDM » (pour Paquet de merde), c’est l’incroyable franchise, l’honnêteté avec laquelle Paquet se livre ici. Et il aborde donc aussi (et peut-être surtout), sans tabou, ce qu’il a vécu côté privé pendant ces années là : l’amitié, forte et belle, avec son ami d’enfance David, ses difficultés à vivre une vraie histoire d’amour avec une femme (il s’est longtemps contenté de rencontres d’un soir via le net) ou la terrible blessure engendrée par la disparition de son père alors qu’il n’était encore qu’un enfant.

Enfin, le récit est aussi l’occasion pour lui de rendre un dernier hommage à Fiston : son chien auquel il portait un amour inconditionnel (et qui l’a énormément aidé à continuer à se battre lors des moments difficiles tout au long de ces années) et de tenter de faire comprendre les liens incroyablement forts qui pouvaient les unir. Un récit coup de cœur sincère et touchant (mais aussi parfois drôle, notamment quand il évoque ses rencontres d’un soir) parfaitement mis en images par Jesus Alonso (encore un talent que Paquet est allé dénicher pour nous le faire découvrir !) dans un style semi-réaliste très moderne !

 

(Autobio – Paquet)