aventuresIl semblerait que Jimmy Beaulieu ait trouvé un refuge éditorial européen chez Les Impressions Nouvelles. Lui qui est surtout connu pour l’adaptation en québécois des dialogues du « Magasin Général » de Tripp et Loisel aura peut-être ainsi l’opportunité de montrer d’autres facettes de son talent. Car après « A la faveur de la nuit » et « Le temps des siestes » sortis respectivement en 2010 et 2012, c’est maintenant au tour de son œuvre autobiographique d’être compilée (certaines parties étaient déjà parus chez Mécanique Générale) et éditée ici.

Mais si Beaulieu se raconte dans « Les aventures », c’est sur un mode très décontracté, sans fard et sans se prendre au sérieux. Car lorsqu’il a commencé à dessiner tout cela, il n’avait absolument pas en tête d’en faire une « autobiographie ». Il s’agissait en fait juste, au contraire, de récits courts qu’il couchait dans un carnet quand l’envie lui en prenait. Et les récits accumulés ont commencé à former un tableau plus vaste qui faisait sens. Si l’ensemble est donc un brin décousu et peut passer du coq à l’âne, il donne une occasion rare aux fans de l’auteur de découvrir des aspects de sa personnalité et de sa vie de 1998 à nos jours !

L’auteur canadien aborde des sujets parfois sérieux (la politique au Québec et le clivage indépendantistes/fédéralistes ou l’ultralibéralisme et son influence sur la société), intimes (comme sa longue période de célibat due à ses relations compliquées avec les femmes), futiles (sa passion pour la musique et les Beach Boys ou le camping) artistiques (sa vocation de dessinateur, ses doutes, sa décision de laisse tomber l’édition et Mécanique Générale, qu’il a fondé, pour se consacrer totalement au dessin…) ou existentiels (le temps qui passe, sa relation avec Montréal…). Il donne ici son opinion sur tout et rien, quoi, comme il le dit lui-même avec beaucoup d’autodérision, ce qui le rapproche parfois de Wazem (et son « Chère Louise »).

Alors, bien sûr l’autobio a le vent en poupe depuis quelque temps déjà en bd et on a déjà lu cela chez d’autres auteurs trentenaires…Mais pas venant du Québec et il faut avouer que la culture spécifique de cette province canadienne, son passé et sa langue apportent un éclairage différent à ces « Aventures » bien sympas.

(Récit autobiographique – Les impressions nouvelles)