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BLACK ANGELS + CHOCOLAT + MORGAN DELT
(lundi 25 mai, Grande Hall de la Villette, Villette Sonique)

Trois jours que le festival tourne à plein régime, que les groupes s’enchaînent, et que la bière coule à flots. Le week-end est fini mais nous sommes de retour à la Grande Halle de la Villette pour participer à la fête du cheveu (ou soirée psyché du festival). Bon, en fait, je suis surtout là pour voir Black Angels, dont les disques ont longtemps tourné sur ma platine.

Mais pour le moment, c’est Morgan Delt qui ouvre la soirée. Le set est bien commencé quand j’arrive, et on nage en pleine pop psychédélique sixties. C’est bien fait, mais le groupe (et notamment Morgan Delt) manque cruellement de charisme. Les images projetées en fond (tendance « recrée ta maison en 3D ») sont d’assez mauvais goût, et j’ai une nouvelle fois l’impression d’avoir entendu ce genre de truc un bon millier de fois. Dommage car il y a de bons plans, et le batteur fait son possible pour insuffler une bonne énergie aux morceaux, mais je reste sur ma faim. Question cheveux, je leur mets un 11/20. Des efforts, notamment grâce au chanteur, mais peut mieux faire.

Chocolat prennent le relais. J’avais rapidement lu un article disant que c’était « le meilleur représentant québécois du psychédélisme« . Bordel, on se croirait surtout dans une BD de Franck Margerin. A la MJC de Vanves, en 1973. Manque plus que les mobylettes. Question musique, je vois surtout les travers des groupes progressifs. Vague relent hard-rock lourdingue, chant haut-perché insupportable, slow mièvres… bon, je sauverais bien quelques plans kraut, et les envolées psychées de la fin de concert, mais guère plus. Par contre, questions cheveux, les gars ont mis la barre haute. Cheveux longs, quasi milieu du dos pour tout le monde. Ça sent la victoire.

La salle se remplit, les premiers rangs se resserrent. C’est au tour des Texans de Black Angels d’entrer en scène. On sent l’ambiance changer dans la salle.
Les imitations sixties ou seventies exagérées des précédents semblent d’un seul coup grotesques. Les texans apportent enfin un peu de classe à cette soirée. Un peu de force aussi. Le Velvet Underground, les Doors évidemment, et surtout cette énergie rock, presque garage, qui commençait à manquer, ne tarde pas à imprégner la salle. Évidemment, le set est inégal, et tous les titres n’ont pas la puissance de leurs tubes (il faut par exemple faire abstraction de cette touche vaguement U2), mais le public semble aux anges. Je le suis aussi. La basse passe de mains en mains, la reverb envahit l’espace et la simplicité des compos fait le reste. Que demander de plus ?

Peut-être deux petites coupures de courant pendant le rappel pour définitivement faire exploser l’ambiance, et finir sur une longue impro, sans doute bordélique, mais typique des bons concerts. Texas win.