centaurus1Léo et Rodolphe, les auteurs de Kenya ou Namibia au scénario et Janjetov (Avant l’Incal ou Les technopères, avec Jodorowsky) au dessin : Delcourt a réuni là une équipe de stars pour piloter cette nouvelle série ! Une équipe dont on attendait forcément avec curiosité et une certaine gourmandise ce qu’elle allait nous concocter avec Centaurus !

La série raconte en fait l’histoire de pionniers d’un genre un peu particulier : ayant épuisé toutes les ressources naturelles de la Terre et subissant les conséquences, terribles, du changement climatique majeur engendré par la pollution, les autorités de notre planète ont décidé, il y a très longtemps, d’envoyer un groupe d’individus dans l’espace à bord d’un gigantesque vaisseau à la recherche d’une planète viable pour assurer la pérennité de l’espèce humaine. Un peu plus de 400 ans après, une planète, Véra, est justement en vue et semble offrir toutes les conditions nécessaires pour accueillir ces survivants. Le commandement du vaisseau constitue donc une équipe (un docteur, un spécialiste de la faune et de la flore, un agent de la sécurité, un pilote, la coordinatrice générale mais aussi les jumelles June et Joy et leur ami Bram) pour aller en repérages sur Véra…

Pas vraiment de surprises dans ce premier tome (les 3 auteurs sont restés dans leur créneau habituel –c’est ce que Delcourt leur avait certainement demandé de toutes façons- et proposent une partition proche de ce à quoi on pouvait s’attendre), c’est vrai, mais Terre promise a aussi l’effet escompté : la narration est menée de main de maître par Léo et Rodolphe qui, en plus de cette idée, très prometteuse, de pionniers (avec tout de même la perspective de découvrir un monde totalement nouveau et peut-être très étonnant en même temps qu’eux !) ont ajouté ici un soupçon de tension (juste avant le départ de la mission de repérages, l’équipe de sécurité découvre qu’un intrus s’est introduit, depuis quelque temps déjà, dans le vaisseau)et là un brin de mystère (les étranges pouvoirs de June, qui, pourtant aveugle, reçoit des « images » de cette nouvelle planète !). Quant à Janjetov, il fait le boulot : son dessin, même s’il est parfois un peu figé, se met au diapason du scénario. Tout cela fait de Terre promise un tome d’ouverture solide, qui ouvre bon nombre de perspectives alléchantes et qui devrait, du coup, réussir son coup : ferrer une grande majorité de lecteurs et leur donner envie de découvrir la suite. Tout comme nous !

(Série – Delcourt)