softmoonLuis Vasquez va mieux. Mais heureusement qu’il le confie aux journalistes parce qu’on ne peut pas dire que cela transpire de ce nouvel album! Basses lourdes, synthés torturés, rythmiques répétitives, chant qui s’apparente le plus souvent à une complainte dépressive : son post-punk synthétique est sombre et désespéré. Difficile en effet d’entrevoir une petite lueur d’espoir à l’écoute de morceaux, par ailleurs superbes, comme Try, Desertion ou le new wavisant Far ou quand on l’entend chanter sur Feel :

Feel like I’m dying inside

I feel so shallow inside

I feel so empty inside

Why am I alive?

Ces névroses, ce malaise existentiel, on se les prend en pleine gueule parce que The Soft Moon ne triche pas. On n’a pas affaire ici à de la musique dépressive à dessein pour ados mal dans leur peau. Non, Deeper respire la sincérité. Ici, le mal être n’est pas feint ou surjoué. Il est tangible et réel. Et c’est pour cela que l’album bouscule et touche autant. Cela va au-delà de la qualité des morceaux. C’est de son intimité, de son moi profond dont Vasquez parle. Ce sont ses fantômes, ses blessures qu’il partage avec nous. Et il est impossible de ne pas être touché par ces 11 titres qui sont autant de tentatives pour exorciser ses démons intérieurs. Deeper est le genre de disque qui risque de vous hanter encore longtemps après.

(Album – Captured Tracks)