faithnomoreFaith No More avait bien continué à donner des concerts de temps à autre mais cela faisait 18 ans que le groupe n’avait pas sorti d’album ! Une éternité pour les fans. Et pourtant on retrouve les américains tels qu’on les avait quittés sur Album Of The Year : totalement imprévisibles ! Les années ont passé mais ces gars-là sont restés fidèles à leur marque de fabrique : s’amuser avant tout. D’où la multitude de genres musicaux qui se télescopent, souvent avec brio, il faut l‘avouer, sur Sol Invictus, et souvent à l’intérieur d’un même morceau d’ailleurs ! Quel rapport y a-t-il entre la ballade pop sirupeuse « From The Dead », emmenée par une guitare acoustique, qui clôt l’album, le single « Superhero » et son intro metal/hardcore terrible ou l’indie-folk façon The Black Heart Procession, un brin barré, de « Rise Of The Fall » ? Aucun, à part qu’ils sortent tout droit du cerveau fertile de nos 5 gaillards. Et que Mike Patton fait montre, sur chacun de ces 10 titres, d’une incroyable palette vocale. Crooner, flippant, théâtral, mélodieux, guttural, ténor : le chanteur sait tout faire, y compris le second degré. Mais les fans de ses autres projets le savent déjà.

Un peu de Mr Bungle ici, une touche de Tomahawk là, du jazz, du funk, de la soul ailleurs et beaucoup de piano : Faith No More reste inclassable. Certains crieront, du coup, au génie quand les détracteurs de la bande à Patton reprocheront à Sol Invictus son côté décousu. La vérité se situe probablement entre les 2, comme souvent. Si l‘album n’est pas un chef d’œuvre, il est impossible de s’ennuyer à son écoute tant il fourmille d’idées. Et il y a là un paquet de très bons morceaux (l’autre single « Motherfucker », « Matador » ou le très surprenant « Sunny Side Up » qui mêle, on ne sait trop comment, refrain pop sucré et ensoleillé, guitares funk, chant à la Lionel Ritchie et soubresauts metal clairement menaçants) qui nous font revenir à ce Sol Invictus régulièrement.

(Album – Reclamation Recordings)