mutinyonthe-bounty_digitalOn se souvenait vaguement de Mutiny On The Bounty, sans plus…le groupe ne nous ayant pas vraiment marqué jusque là. Du coup, on n’attendait rien de particulier de ce Digital Tropics. Et c’est souvent dans ces cas là que l’on se prend une bonne claque : quand on s’y attend le moins et que le cerveau n’y est pas préparé. C’est exactement ce qui m’est arrivé quand je suis tombé sur Telekinesis, synthèse particulièrement réussie de math- rock, post-rock et musique progressive. Et je peux vous dire que ce premier single n’est pas l’arbre qui cache la forêt car le reste de Digital Tropics est du même tonneau. Contraste basse agressive/guitares mélodiques (ayant un penchant certain pour l’écho notamment sur les arpèges de la guitare lead, ce qui donne une couleur originale à l’ensemble, assez tropicale) et techniques marqué, changements de tempo impromptus, synthés qui apportent un côté lyrique dans les climax : voici sur quoi repose l’art de la répétition du groupe luxembourgeois. Pas une révolution, certes, le groupe n’inventant rien. La faute à Battles, Aucan ou encore 65daysofstatic qui ont emprunté ces chemins de traverse auparavant. Mais Mutiny On The Bounty parvient à s’approprier les codes inhérents au genre (en gros le math-rock/post-rock instrumental) et à en livrer une version personnelle qui parvient, cerise sur le gâteau, à éviter les écueils (technicité qui tombe dans une virtuosité fatigante, morceaux qui se ressemblent comme 2 gouttes d’eau et finissent par lasser…) sur lesquels beaucoup de groupes se sont déjà échoués. Digital Tropics réussit en effet à tenir en haleine du début à la fin grâce à des morceaux qui ne manquent jamais d’idées, quelques moment très forts (à Telekinesis, déjà cité, il faut ajouter l’irrésistible MKL JKSN ou FIN DE SIèCLE qui aurait presque pu avoir sa place sur le dernier Mogwaï) et une capacité évidente à donner envie de se trémousser, l’un des objectifs affichés du groupe ici, comme le montre la vidéo, excellente, de MKL JKSN ou les titres de certains morceaux comme danceAUTOMATONdance ou STROBOCOP. Il est où le dancefloor ?

(Album – Deafrock)