rayonspoursidarAlors que Lorrain avait réussi à traverser les pires endroits de Sidar pour retrouver son robot Lionel, il s’est fait bêtement tuer devant sa factorerie par des Horbs, sortes de lémuriens hystériques qui peuplent (avec les Sidariens ou les Krôtang) la planète. Qu’à cela ne tienne, ce sera maintenant au tour de Lionel de ramener son humain jusqu’à la capitale Gayam. Condition sine qua non pour que Sidar puisse être sauvée. Mais cela risque de s’avérer particulièrement compliqué. Car avant cela il va falloir sécuriser le corps de Lorrain pour qu’il puisse être ressuscité par le résident, dans son dispensaire. Et Lionel va aussi devoir se trouver des jambes pour le voyage car quand Lorrain l’a retrouvé, il était amputé de ses membres inférieurs. Tout en espérant arriver avant que tous les humains n’aient été rapatriés sur Terre pour faire place nette aux Xressiens…

Des colonisateurs (les humains) obligés de partir pour laisser une planète (Sidar) passer sous la domination d’un autre peuple (les Xressiens) : l’histoire nous est bien familière…Et pour cause : Rayons pour Sidar a été publié par Stefan Wul en 1957 et le moins que l’on puisse dire est que son scénario a été largement influencé par l’actualité de l’époque (on était alors en pleine guerre d’Algérie et les accords de Genève qui mirent fin à l’Indochine française avaient été signés 3 ans auparavant). Par son esprit aussi. Car Wul avait beau être humaniste dans l’âme, il n’était pas très porté sur la politique et dans ce diptyque il n’est pas vraiment critique envers la mentalité coloniale de l’époque : les Sidariens sont en effet vus comme de grands enfants naïfs qu’il faut aider à faire évoluer en leur apportant les bienfaits de la civilisation humaine…Comme quoi on peut être en avance sur son temps au niveau artistique et moins sur d’autres plans ! Heureusement, Mangin est passée par là et s’est arrangée, en changeant la fin de l’histoire, pour réparer ce manque de vision politique…Bien lui en a pris car le diptyque (réussi, au final !), qui repose par ailleurs sur quelques belles trouvailles scénaristiques (les nanotechnologies ou les robots-clones) et est spectaculairement mis en images par Civiello, qui a visiblement pris beaucoup de plaisir à peindre (à la gouache !) cette flore luxuriante et exubérante et cette faune surprenante de Sidar, aurait pâti, en 2015, de cet anachronisme.

 

(Diptyque – Ankama)