niourk3Alors que Tamoe, Doc Gen 4 (en hommage bien entendu à Laurent Genefort) et Coffy tentent toujours de réparer leur Transpondeur pour regagner Mars, les 3 humains se rendent compte, en visionnant l’enregistrement du bloc mémoire d’un robot pré-exode, que l’enfant noir et son ours sont arrivés à New-York. Une chance inouïe : s’ils le ramènent avec eux, ils pourront apporter la preuve que l’Humanité a survécu sur Terre. L’Institut se montrera ainsi probablement un peu plus compréhensif à leur égard et pardonnera peut-être leur excursion hors la loi sur une planète en quarantaine…

Le moment fatidique (et délicat…) est arrivé pour Vatine. Conclure son triptyque si bien engagé en réussissant à boucler la boucle de façon satisfaisante tout en tenant le lecteur en haleine jusqu’au bout. Pour que même la fin soit réussie. Et Alpha, disons le tout de suite, remplit le contrat avec brio, faisant de Niourk une série à la construction incroyablement maîtrisée et marquante, tout simplement.

L’auteur éclaire ici, comme espéré, les zones laissées volontairement dans l’ombre jusque là concernant les causes et les conditions de l’exode humain vers Mars, ce qui a permis à l’enfant noir et à sa tribu d’être encore en vie sur Terre si longtemps après la catastrophe nucléaire ou pourquoi le narrateur s’exprimait avec une telle intelligence et un tel recul sur les évènements alors qu’il est censé n’être qu’un « dévolué néonéanderthalien »…Tout en menant tambour battant ce dernier tome car le scénario ne faiblit pas le moins du monde, scènes d’action et rebondissements s’enchainant à qui mieux mieux jusqu’à un final particulièrement surprenant. Et en livrant un travail graphique superbe, Vatine restituant avec talent ces décors de villes futuristes en ruine dont la nature a commencé à reprendre possession.

De la SF comme on l’aime : divertissante, inventive et critique (l’Homme en prend ici pour son grade…). Du grand art !

(Triptyque – Ankama)